Lundi vingt-et-un décembre deux mille neuf. Vingt-et-une heures vingt-huit. La nuit la plus longue de l'année bat son plein depuis quelques heures. Ou la seconde. L'hiver a officiellement commencé aujourd'hui, quand bien même la température, après une agréable semaine à moins deux, moins cinq, avec chutes de neige et plaques de verglas, a décidé de remonter la pente et de flirter avec la ligne des dix degrés Celsius au-dessus de zéro. C'est dommage; je préférais le froid.
Le froid, quand bien même il fendait pierre, n'avait pas encore atteint des profondeurs telles que je dusse enclencher mon chauffage électrique. Je reste pour le moment tributaire des natures douillettes de mes voisins, qui se sont chauffés tant et plus, me permettant d'omettre toute modification dans la température interne de mon intérieur. Une bonne isolation, et des voisins de tous les côtés, qui chauffent l'immeuble pour moi.
Du sommeil en retard. Des lectures. "Kushiel's Dart", de Jacqueline Carey."The Couch", de Robert Bloch (le monsieur des violons qui grincent sous la douche dans le "Psycho" adapté par Hitchcock). "Ride the Nightmare", un vieux Matheson. "The State of the Art", de Iain M. Banks, un recueil de nouvelles qui parlent notamment de la Culture. Inédit en version française? Il me semble. "The Stone of Tears", second volet des aventures de Richard Cypher, dans le cycle The Sword of Truth", de Terry Goodkind. Et j'en oublie.
Programme de la soirée: tenir le tournoi magique du lundi soir. Manger un truc chaud. Lire du Bloch, puis entamer l'anthologie "Retour sur l'horizon", dirigée par Serge Lehmann. Avec un seul ou deux n? Plus d'autres bricoles qui bricolisent le fond de mes abris-bus.
lundi 21 décembre 2009
jeudi 3 décembre 2009
Un Tramway Nommé Darwin
Jeudi trois décembre deux mille neuf. Onze heures quarante-huit du matin. De nouveau seul à la boutique. Mon frère profite de ma présence pour matiner gras, et il a bien raison; je n'hésite pas à en faire autant lorsque le besoin s'en fait ressentir. Déjà un fournisseur de passé, avec de la quasi-nouveauté et du réassort plateau long overdue. Le nouveau jeu de plateau Tomb Raider Underworld, avec sa figurine exclusive Lara Croft. Le tout livré par le livreur avec lequel nous n'aimons pas travailler, quand il fait mal son boulot, ce qui n'était pas le cas cette fois-ci, heureusement.
Depuis le début de la semaine, je repousse ma lessive. Je devrais trouver le temps d'y consacrer une heure ou deux, descendre dans la rue, mon vieux sac à dos à l'épaule, celui qui me servait à camper dans les années quatre-vingts, à l'époque où, tout minot, je m'adonnais au scoutisme dans les forêts d'Auvergne, empli de chaussettes sales et de chemises froissées, sans parler de mon pantalon sur lequel les traces de vomis de mardi dernier devraient persister par-delà le mur du savon, regarder tourner le téléviseur monorail de la vacuité, tout en emplissant mes orbites lasses du fil sans cesse interrompu du roman en cours.
Bref, j'ai la flemme de sortir faire ma lessive, et c'est dommage, puisqu'indispensable, et largement urgent. J'ai encore des solutions de repli pour continuer de mettre des vêtements propres. Mais elles s'amenuisent à mesure que le temps passe. Je ferai ça dimanche, au train où vont les choses. Et je dois encore m'alimenter en courses de petit-déjeuner. On verra ça demain, si je suis motivé pour sortir avant de ressortir. Car la sortie est économisable à merci.
En cours de lecture depuis lundi, "The Glass Hammer", de K.W. Jeter, l'autre inventeur du steampunk, voire du cyberpunk si son premier roman avait été publié douze ans plus tôt, quand il l'écrivit. Mais on ne refait pas l'histoire de l'édition, tout juste peut-on jeter la pierre et replacer les choses dans leurs contextes. Je pense que Gibson demeure un plus fin syliste, mais Jeter a l'avantage de la diversité dans les thématiques. Et la solution de repli d'écrire des romans sous licence commerciale (les suites de Blade Runner, c'était lui). Second roman seulement de l'auteur que je lis, celui-ci est un peu difficile d'accès; travailler quinze heures par jour n'arrange rien.
Il fait trop chaud. Les Lyonnais pensent le contraire, mais ils ont tort. Le mercure affiche sept degrés celsius, et il pleut, mais j'aimerais voir la fraîcheur devenir totale, le givre gagner les vitres, mourir les sans-abri et tomber la neige. Blanchir les rues. Me faire me recroqueviller sous mon sac de couchage, dans mon studio sans chauffage, avec chauffage que je me refuse à brancher tant que le froid ne se sera pas fait envahissant. Il y a deux ans sur Orléans, j'avais vaguement frais, mais il a fallu qu'une amie m'appelle et me signale qu'il faisait moins dix, pour que je me dise que brancher le radiateur électrique pouvait s'avérer utile.
L'an dernier en Chine, il faisait froid, enfin frais, mais je n'avais pas le choix, les logements n'étant pas équipés de radiateurs, hormis la climatisation, que même au plus fort de la fournaise estivale, je n'ai pas daigné enclencher. Il me plaît de prétendre être insensible aux frimas. Comme la grippe et la crise financière, je ne suis pas vraiment concerné, puisque je n'ai pas la télévision. Le vecteur de diffusion du désespoir socialement généré ne passe pas par moi, je demeure invulnérable et solitaire, juché sur mon promontoire, face au vent du large, les embruns venant fouetter le front que mes mèches rebelles et romantiques dénudent par intermittence.
L'an prochain à la même date, j'aurai une fois encore changé de continent, je gravirai à pied quelque contrefort de la Cordillère, quelque part entre le Machu Picchu en cours d'effondrement et la Tierra del Fuego, de débâcle en dérive, car il faut bien, parfois, porter ses pas où le vent souffle en rafale. Je n'ai pas encore renoncé à ma globitrottance.
Dehors, il pleut. Mon commerce sent le renfermé, mais je rechigne à ouvrir la porte, tant les bruits de la rue m'insupportent. Bien m'en a pris, un connard, un de plus, ayant décidé de convertir le trottoir devant ma boutique en parking de quartier. Je hais décidément les automobiles et leurs sectataires, ces humanoïdes dépourvus d'intérêt qui compromettent leur statut d'êtres de pulpe pour s'abrutir au volant de cercueils roulants. Seul le métal les sauve, dont sont faits leur corbillards.
Les journées sont trop courtes, l'air trop tiédasse, les gens trop humains. Je dois être un peu misanthrope sur les bords. Je ne suis plus passé par la presse de la gare quotidiennement traversée, quand je me rends au travail à pied. Ces jours-ci, je privilégie la bicyclette. Nouveauté pour Noël, nous fermerons trois jours, les badauds se faisant rares, le jour férié tombant cette année un vendredi, gageons que la plupart des clients putatifs partiront trois jours d'affilée.
Heads up, haut les cœurs. Repartons de plus belle vers un avenir radieux. Comme la bière du même nom. Dans mon colimateur, divers romans policiers des années soixante-dix, une ou deux productions françaises récentes en matière de fantasy, plus quelques livres qui seront nécessairement meilleurs, mais que je n'ai pas le réflexe d'entamer, puisqu'ils sont dissimulés, sur mes étagères, par la densité de peuplement. Il faut que je pense à me racheter des bibliothèques, quelque part en deux mille dix, si je parviens à conserver mes sous. Ce qui n'est pas gagné. Ah là là, non. Que nenni.
Programme de la journée: tenir mon commerce, en attendant que le frérot daigne quitter sa trance extatique. Me procurer des sandwiches, ou des nouilles lyophilisées, pour améliorer mon ordinaire. A moins de me fendre des quelques euros nécessaires à l'acquisition d'un bobun. Projet à l'étude. Râler contre les gens, la météo, les pigeons. Et ne me faites pas démarrer sur la cigarette, je suis plein d'une haine tenace envers les sicaires de la grande chamelle. Lire un peu, si les clients ne se bousculent pas au portillon. Me tenir informé des nouveautés en matière d'imaginaire. Sentir le renfermé. Saluer, rendre la monnaie, ne pas avoir vu tomber la nuit. Orner le ciel nocturne lyonnais d'une lune écarlate, barrée d'un troll prognathe aux avant-bras velus.
Depuis le début de la semaine, je repousse ma lessive. Je devrais trouver le temps d'y consacrer une heure ou deux, descendre dans la rue, mon vieux sac à dos à l'épaule, celui qui me servait à camper dans les années quatre-vingts, à l'époque où, tout minot, je m'adonnais au scoutisme dans les forêts d'Auvergne, empli de chaussettes sales et de chemises froissées, sans parler de mon pantalon sur lequel les traces de vomis de mardi dernier devraient persister par-delà le mur du savon, regarder tourner le téléviseur monorail de la vacuité, tout en emplissant mes orbites lasses du fil sans cesse interrompu du roman en cours.
Bref, j'ai la flemme de sortir faire ma lessive, et c'est dommage, puisqu'indispensable, et largement urgent. J'ai encore des solutions de repli pour continuer de mettre des vêtements propres. Mais elles s'amenuisent à mesure que le temps passe. Je ferai ça dimanche, au train où vont les choses. Et je dois encore m'alimenter en courses de petit-déjeuner. On verra ça demain, si je suis motivé pour sortir avant de ressortir. Car la sortie est économisable à merci.
En cours de lecture depuis lundi, "The Glass Hammer", de K.W. Jeter, l'autre inventeur du steampunk, voire du cyberpunk si son premier roman avait été publié douze ans plus tôt, quand il l'écrivit. Mais on ne refait pas l'histoire de l'édition, tout juste peut-on jeter la pierre et replacer les choses dans leurs contextes. Je pense que Gibson demeure un plus fin syliste, mais Jeter a l'avantage de la diversité dans les thématiques. Et la solution de repli d'écrire des romans sous licence commerciale (les suites de Blade Runner, c'était lui). Second roman seulement de l'auteur que je lis, celui-ci est un peu difficile d'accès; travailler quinze heures par jour n'arrange rien.
Il fait trop chaud. Les Lyonnais pensent le contraire, mais ils ont tort. Le mercure affiche sept degrés celsius, et il pleut, mais j'aimerais voir la fraîcheur devenir totale, le givre gagner les vitres, mourir les sans-abri et tomber la neige. Blanchir les rues. Me faire me recroqueviller sous mon sac de couchage, dans mon studio sans chauffage, avec chauffage que je me refuse à brancher tant que le froid ne se sera pas fait envahissant. Il y a deux ans sur Orléans, j'avais vaguement frais, mais il a fallu qu'une amie m'appelle et me signale qu'il faisait moins dix, pour que je me dise que brancher le radiateur électrique pouvait s'avérer utile.
L'an dernier en Chine, il faisait froid, enfin frais, mais je n'avais pas le choix, les logements n'étant pas équipés de radiateurs, hormis la climatisation, que même au plus fort de la fournaise estivale, je n'ai pas daigné enclencher. Il me plaît de prétendre être insensible aux frimas. Comme la grippe et la crise financière, je ne suis pas vraiment concerné, puisque je n'ai pas la télévision. Le vecteur de diffusion du désespoir socialement généré ne passe pas par moi, je demeure invulnérable et solitaire, juché sur mon promontoire, face au vent du large, les embruns venant fouetter le front que mes mèches rebelles et romantiques dénudent par intermittence.
L'an prochain à la même date, j'aurai une fois encore changé de continent, je gravirai à pied quelque contrefort de la Cordillère, quelque part entre le Machu Picchu en cours d'effondrement et la Tierra del Fuego, de débâcle en dérive, car il faut bien, parfois, porter ses pas où le vent souffle en rafale. Je n'ai pas encore renoncé à ma globitrottance.
Dehors, il pleut. Mon commerce sent le renfermé, mais je rechigne à ouvrir la porte, tant les bruits de la rue m'insupportent. Bien m'en a pris, un connard, un de plus, ayant décidé de convertir le trottoir devant ma boutique en parking de quartier. Je hais décidément les automobiles et leurs sectataires, ces humanoïdes dépourvus d'intérêt qui compromettent leur statut d'êtres de pulpe pour s'abrutir au volant de cercueils roulants. Seul le métal les sauve, dont sont faits leur corbillards.
Les journées sont trop courtes, l'air trop tiédasse, les gens trop humains. Je dois être un peu misanthrope sur les bords. Je ne suis plus passé par la presse de la gare quotidiennement traversée, quand je me rends au travail à pied. Ces jours-ci, je privilégie la bicyclette. Nouveauté pour Noël, nous fermerons trois jours, les badauds se faisant rares, le jour férié tombant cette année un vendredi, gageons que la plupart des clients putatifs partiront trois jours d'affilée.
Heads up, haut les cœurs. Repartons de plus belle vers un avenir radieux. Comme la bière du même nom. Dans mon colimateur, divers romans policiers des années soixante-dix, une ou deux productions françaises récentes en matière de fantasy, plus quelques livres qui seront nécessairement meilleurs, mais que je n'ai pas le réflexe d'entamer, puisqu'ils sont dissimulés, sur mes étagères, par la densité de peuplement. Il faut que je pense à me racheter des bibliothèques, quelque part en deux mille dix, si je parviens à conserver mes sous. Ce qui n'est pas gagné. Ah là là, non. Que nenni.
Programme de la journée: tenir mon commerce, en attendant que le frérot daigne quitter sa trance extatique. Me procurer des sandwiches, ou des nouilles lyophilisées, pour améliorer mon ordinaire. A moins de me fendre des quelques euros nécessaires à l'acquisition d'un bobun. Projet à l'étude. Râler contre les gens, la météo, les pigeons. Et ne me faites pas démarrer sur la cigarette, je suis plein d'une haine tenace envers les sicaires de la grande chamelle. Lire un peu, si les clients ne se bousculent pas au portillon. Me tenir informé des nouveautés en matière d'imaginaire. Sentir le renfermé. Saluer, rendre la monnaie, ne pas avoir vu tomber la nuit. Orner le ciel nocturne lyonnais d'une lune écarlate, barrée d'un troll prognathe aux avant-bras velus.
lundi 30 novembre 2009
En Passant par la Porte Etroite
Lundi trente novembre deux mille neuf. Vingt-trois heures quarante-quatre. Fin de ma journée de travail. Le tournoi magique a battu son plein, les joueurs viennent de quitter la salle de jeu. Je l'ai su quand je n'ai plus entendu leurs éclats de voix et le bruits des cartes qu'on plaque sur le bois des tables. Je suis donc seul dans la place, comme je le serai dans dix heures, quand je reviendrai.
Ce week-end, j'étais sur Paris, où j'ai vu des gens, mangé des gaufres cantal-miel, joué à Qin et peu dormi. J'ai lu dans le train à l'aller le dernier Paul Auster, "Invisible", qui se termine en eau de boudin, et au retour, j'ai terminé "The Scarecrow", de Michael Connelly, qui fait suite au "Poet", douze ans plus tard. Un Connelly standard. Depuis ce midi, je suis sur "The Glass Hammer", de K. W. Jeter, un des inventeurs du cyberpunk, genre auquel ce roman se rattache précisément (en plus, il date de quatre-vingt quatre, soit un an avant "Neuromancer").
Programme de la soirée: marcher une demi-heure dans le froid. Mon sac est lourd, j'ai acheté une dizaine de livres durant mon séjour parisien. On ne se refait pas. J'ai croisé le Docteur Zubayidi, que je n'avais pas revu depuis Tôkyô en juillet dernier. Depuis sa nomination au poste de maître de conférence dans l'université de province où il exerçait déjà depuis deux ans, on le sent rassénéré. Ramethep était là, je buvais pour la première fois son café, puisque je n'en bois que depuis cet été.
Il a plu. Je me suis pris plusieurs averses sur la tête, tandis que je sillonnais la capitale sur un vélo libre. Je ne me suis pas enrhumé, car je n'ai pas la télévision. J'ai fait un brunch chez Tonga, mais sans la Souris qui rongeait son frein dans une lointaine bibliothèque de banlieue. Les tramways n'ont pas coopéré. J'ai joué au boggle avec ma tante, mais la partie de scrabble contre ma mère n'a pu être menée à son terme.
Programme de la soirée: une fois rentré, lire le Jeter jusqu'à ce que le sommeil me gagne. Si je le termine avant, trouver un autre roman, je n'en manque pas, après tout. En décembre, économiser mes sous pour m'acheter en janvier des étagères en kit pour y mettre mes livres. Car je manque surtout de place. Penser à passer l'aspirateur, dès que j'en aurai un.
Ce week-end, j'étais sur Paris, où j'ai vu des gens, mangé des gaufres cantal-miel, joué à Qin et peu dormi. J'ai lu dans le train à l'aller le dernier Paul Auster, "Invisible", qui se termine en eau de boudin, et au retour, j'ai terminé "The Scarecrow", de Michael Connelly, qui fait suite au "Poet", douze ans plus tard. Un Connelly standard. Depuis ce midi, je suis sur "The Glass Hammer", de K. W. Jeter, un des inventeurs du cyberpunk, genre auquel ce roman se rattache précisément (en plus, il date de quatre-vingt quatre, soit un an avant "Neuromancer").
Programme de la soirée: marcher une demi-heure dans le froid. Mon sac est lourd, j'ai acheté une dizaine de livres durant mon séjour parisien. On ne se refait pas. J'ai croisé le Docteur Zubayidi, que je n'avais pas revu depuis Tôkyô en juillet dernier. Depuis sa nomination au poste de maître de conférence dans l'université de province où il exerçait déjà depuis deux ans, on le sent rassénéré. Ramethep était là, je buvais pour la première fois son café, puisque je n'en bois que depuis cet été.
Il a plu. Je me suis pris plusieurs averses sur la tête, tandis que je sillonnais la capitale sur un vélo libre. Je ne me suis pas enrhumé, car je n'ai pas la télévision. J'ai fait un brunch chez Tonga, mais sans la Souris qui rongeait son frein dans une lointaine bibliothèque de banlieue. Les tramways n'ont pas coopéré. J'ai joué au boggle avec ma tante, mais la partie de scrabble contre ma mère n'a pu être menée à son terme.
Programme de la soirée: une fois rentré, lire le Jeter jusqu'à ce que le sommeil me gagne. Si je le termine avant, trouver un autre roman, je n'en manque pas, après tout. En décembre, économiser mes sous pour m'acheter en janvier des étagères en kit pour y mettre mes livres. Car je manque surtout de place. Penser à passer l'aspirateur, dès que j'en aurai un.
samedi 14 novembre 2009
Pérégrination vers l'Ouest
Samedi quatorze novembre deux mille neuf. Vingt heures trente. Mes vacances en Chine se sont bien passées. Vingt-quatre heures de voyage, avec escale à Londres. Quatre jours sur Pékin, vingt-quatre heures de train, six jours à Jingdezhen, dans le Jiangxi, capitale chinoise de la porcelaine, chez le Sultan. Vingt-quatre heures de train pour le voyage retour, quatre jours à Pékin, vingt-quatre heures de métro, avion, attente, navette et marche à pied pour le retour.
Bilan des courses, je suis lessivé. Je viens d'enchaîner deux journées de travail pleines et entières, chargées qui plus est. La fatigue se fait pressante, un début d'angine me plâtre la gorge, un interstice dans ma fenêtre a servi de prétexte, toute la nuit passée, à ce que le vent s'y engouffre, m'empêchant de dormir plus de quelques heures. Et je suis en plein jet-lag, sept heures de décalage vers l'ouest. Je me suis réveillé à cinq heures du matin.
Commencé durant la nuit, "The Gathering Storm", douzième et antépénultième volume de The Wheel of Time, l'interminable cycle de feu Robert Jordan, achevé à titre posthume par Brandon Sanderson. J'ai lu les cent premières pages de l'ouvrage, qui se présente comme tout à fait similaire aux précédents. L'avion m'a permis de me lancer dans la lecture de "A Fire Upon the Deep", de Vernor Vinge, roman ayant fait date dans l'histoire de la science-fiction de ces vingt dernières années.
Programme de la soirée: rentrer dormir. S'il ne pleut pas, lire Robert Jordan sur le chemin du retour. J'espère que le match de balle au pied programmé ne m'empêchera pas de dormir, non plus que d'éventuels voisins fêtards. Ils me dérangeront, de toute façon, moins que le vent. Chez moi, manger un sandwich, m'affaler dans un coin, dormir dix heures si le sommeil est au rendez-vous, m'user les yeux sur Jordan autrement. Demain matin, faire un peu de ménage, je reçois des amis de passage sur Lyon. En soirée, si l'énergie est au rendez-vous, jouer dans l'arrière-salle de mon commerce, où je retournerai, tôt, trop tôt mais après cinq heures de lecture matinale, pour enchaîner une semaine supplémentaire.
Bilan des courses, je suis lessivé. Je viens d'enchaîner deux journées de travail pleines et entières, chargées qui plus est. La fatigue se fait pressante, un début d'angine me plâtre la gorge, un interstice dans ma fenêtre a servi de prétexte, toute la nuit passée, à ce que le vent s'y engouffre, m'empêchant de dormir plus de quelques heures. Et je suis en plein jet-lag, sept heures de décalage vers l'ouest. Je me suis réveillé à cinq heures du matin.
Commencé durant la nuit, "The Gathering Storm", douzième et antépénultième volume de The Wheel of Time, l'interminable cycle de feu Robert Jordan, achevé à titre posthume par Brandon Sanderson. J'ai lu les cent premières pages de l'ouvrage, qui se présente comme tout à fait similaire aux précédents. L'avion m'a permis de me lancer dans la lecture de "A Fire Upon the Deep", de Vernor Vinge, roman ayant fait date dans l'histoire de la science-fiction de ces vingt dernières années.
Programme de la soirée: rentrer dormir. S'il ne pleut pas, lire Robert Jordan sur le chemin du retour. J'espère que le match de balle au pied programmé ne m'empêchera pas de dormir, non plus que d'éventuels voisins fêtards. Ils me dérangeront, de toute façon, moins que le vent. Chez moi, manger un sandwich, m'affaler dans un coin, dormir dix heures si le sommeil est au rendez-vous, m'user les yeux sur Jordan autrement. Demain matin, faire un peu de ménage, je reçois des amis de passage sur Lyon. En soirée, si l'énergie est au rendez-vous, jouer dans l'arrière-salle de mon commerce, où je retournerai, tôt, trop tôt mais après cinq heures de lecture matinale, pour enchaîner une semaine supplémentaire.
samedi 24 octobre 2009
Pourquoi les Gens Méchants ont-ils toujours de Grandes Dents?
Samedi vingt-quatre octobre deux mille neuf. Vingt heures quarante. Je suis en vacances. Officiellement. Dans la pratique, je vais encore rester un peu ce soir à bosser, pour avancer les rangements dans ma librairie, et demain, j'y repasserai sans doute, toujours dans le but d'aider à préparer le terrain pour mes remplaçants. Car je m'en vais. Lundi. Je pars en voyage, quinze jours, en Chine.
Avant-hier, j'ai eu trente-deux ans. Aujourd'hui, je les ai toujours. Mais je m'achemine vers les trente-trois. Un tiers de ma vie, donc. Soyons optimiste. Un tiers de siècle. Mettons un quart de ma vie.
Hier soir, dîner au restaurant libanais en bas de la rue, pour fêter mon anniversaire, et le futur de ma belle-sœur (la semaine prochaine). Mon grand-père en aura quatre-vingt-six mardi. Le temps passe. Le restau était bon.
Je viens d'achever ma treizième journée de travail de la semaine. Je suis passablement usé. Treize jours de travail d'affilée. Ca ne m'était plus arrivé depuis au moins deux semaines. Lundi, je prends l'avion à Saint-Exupéry. Escale à Londres, puis quinze heures jusqu'à Pékin. J'ai hâte d'y être (dans l'avion; à Pékin, aussi). Dans tous les cas, ça me fera des vacances, avant d'attaquer la longue côte menant vers noël, période généralement faste pour les commerces comme le nôtre.
Programme de la soirée: finir mon sandwich au saumon. Ranger un peu la boutique. Si j'ai le temps ou l'envie, jouer à quelque chose, dans la limite des stocks disponibles. Rentrer relativement tôt, dormir si mes voisins m'en laissent le loisir. Je suis en train de lire "Moon Called", de Patricia Briggs. Je le finirai sans doute dans la nuit.
Programme de demain: dormir tard le matin. Faire une lessive, que je sèche-lingerai dans la foulée. Lire. Déjeuner à la cafétéria près de la gare. Me renseigner sur les horaires de la navette pour l'aéroport. Passer à la boutique. Jouer. Ranger un peu. Confier mes clefs au gardien des clefs. Résoudre ses énigmes. Plonger au bas de la tour, nager, remonter les clefs. Le soir, rentrer tôt.
Programme de lundi: me lever trop tôt. Faire ma valise en catastrophe, au dernier moment, en priant pour que mon linge soit sec. Vérifier l'horaire de mon avion. Marcher jusqu'à la gare, prendre la navette, arriver à l'aéroport, monter dans l'avion, faire des choses mystiques avec l'espace et le temps, arriver à Pékin le lendemain. On verra pour la suite.
Avant-hier, j'ai eu trente-deux ans. Aujourd'hui, je les ai toujours. Mais je m'achemine vers les trente-trois. Un tiers de ma vie, donc. Soyons optimiste. Un tiers de siècle. Mettons un quart de ma vie.
Hier soir, dîner au restaurant libanais en bas de la rue, pour fêter mon anniversaire, et le futur de ma belle-sœur (la semaine prochaine). Mon grand-père en aura quatre-vingt-six mardi. Le temps passe. Le restau était bon.
Je viens d'achever ma treizième journée de travail de la semaine. Je suis passablement usé. Treize jours de travail d'affilée. Ca ne m'était plus arrivé depuis au moins deux semaines. Lundi, je prends l'avion à Saint-Exupéry. Escale à Londres, puis quinze heures jusqu'à Pékin. J'ai hâte d'y être (dans l'avion; à Pékin, aussi). Dans tous les cas, ça me fera des vacances, avant d'attaquer la longue côte menant vers noël, période généralement faste pour les commerces comme le nôtre.
Programme de la soirée: finir mon sandwich au saumon. Ranger un peu la boutique. Si j'ai le temps ou l'envie, jouer à quelque chose, dans la limite des stocks disponibles. Rentrer relativement tôt, dormir si mes voisins m'en laissent le loisir. Je suis en train de lire "Moon Called", de Patricia Briggs. Je le finirai sans doute dans la nuit.
Programme de demain: dormir tard le matin. Faire une lessive, que je sèche-lingerai dans la foulée. Lire. Déjeuner à la cafétéria près de la gare. Me renseigner sur les horaires de la navette pour l'aéroport. Passer à la boutique. Jouer. Ranger un peu. Confier mes clefs au gardien des clefs. Résoudre ses énigmes. Plonger au bas de la tour, nager, remonter les clefs. Le soir, rentrer tôt.
Programme de lundi: me lever trop tôt. Faire ma valise en catastrophe, au dernier moment, en priant pour que mon linge soit sec. Vérifier l'horaire de mon avion. Marcher jusqu'à la gare, prendre la navette, arriver à l'aéroport, monter dans l'avion, faire des choses mystiques avec l'espace et le temps, arriver à Pékin le lendemain. On verra pour la suite.
mardi 20 octobre 2009
Schématisation des Identités Remarquables
Mardi vingt octobre deux mille neuf. Vingt-et-une heures. Pile. Dans deux jours, j'aurai trente-deux ans. Dans six jours, je m'envolerai pour Pékin. Les deux propositions n'ont pas nécessairement de rapport, mais j'en serai. Des deux. Les trente-deux ans, et les quinze jours en Chine pour fêter la fin de l'automne. Ou le début de l'hiver, c'est selon.
Encore une grosse journée au magasin. J'ai laissé dormir mon frère. J'ai trouvé qu'il faisait trop chaud. Ce soir, j'ai un peu mal au crâne, et sans doute un peu de fièvre qui descend. Je voulais acheter des romans de Robert B. Parker, au lieu de quoi, je me retrouve avec plusieurs volumes des aventures d'un privé nommé Parker. Depuis ce matin, je suis sur "Votre mort nous appartient", d'Antoine Lencou. De la SF assez convenue, société future, un brin totalitaire, où l'humain est entièrement pris en charge par les machines. Pour faire son bonheur malgré lui. Le protagoniste veut se suicider, mais pour cela, il doit triompher d'un labyrinthe administratif kafkaïen. Dans l'intervalle, il s'occupe.
Le dernier roman de Nick Hornby était très, très bon. Aucune fausse note. Je n'en traiterai pas davantage ici, mais je le recommande chaudement. Encore que j'aie préféré "High Fidelity". "Slam" m'a moins convaincu, il est du niveau d'"About a Boy". Hmm. J'en oublie un. "A Long Way Down". Standard.
Programme de la soirée: rentrer chez moi, je pense, plutôt que de jouer aux vampires des Carpathes. J'ai mal au crâne, le froid me fera du bien. Ca serait dommage, de tomber malade à quatre jours des vacances. Je mangerais bien des rollmops, tiens. Sauf que j'ai déjà copieusement... dîné.
Encore une grosse journée au magasin. J'ai laissé dormir mon frère. J'ai trouvé qu'il faisait trop chaud. Ce soir, j'ai un peu mal au crâne, et sans doute un peu de fièvre qui descend. Je voulais acheter des romans de Robert B. Parker, au lieu de quoi, je me retrouve avec plusieurs volumes des aventures d'un privé nommé Parker. Depuis ce matin, je suis sur "Votre mort nous appartient", d'Antoine Lencou. De la SF assez convenue, société future, un brin totalitaire, où l'humain est entièrement pris en charge par les machines. Pour faire son bonheur malgré lui. Le protagoniste veut se suicider, mais pour cela, il doit triompher d'un labyrinthe administratif kafkaïen. Dans l'intervalle, il s'occupe.
Le dernier roman de Nick Hornby était très, très bon. Aucune fausse note. Je n'en traiterai pas davantage ici, mais je le recommande chaudement. Encore que j'aie préféré "High Fidelity". "Slam" m'a moins convaincu, il est du niveau d'"About a Boy". Hmm. J'en oublie un. "A Long Way Down". Standard.
Programme de la soirée: rentrer chez moi, je pense, plutôt que de jouer aux vampires des Carpathes. J'ai mal au crâne, le froid me fera du bien. Ca serait dommage, de tomber malade à quatre jours des vacances. Je mangerais bien des rollmops, tiens. Sauf que j'ai déjà copieusement... dîné.
dimanche 18 octobre 2009
La Flottaison des Balises Blanches
Dimanche dix-huit octobre deux mille neuf. Dix-neuf heures quarante-quatre. Je viens de fermer ma boutique. Un dernier client, in extremis avant la sortie, a fait remonter mon chiffre de ventes. Je n'ai pas déjeuné, sinon de cacahuètes éhontément pillées dans le stock. Comme pour les livres, il faut bien que je me serve sur la bête, si je veux survivre. Je ne sais pas si je dînerai. Peut-être un second petit-déjeuner, vers minuit, pour équilibrer la journée.
Hier, je lisais un roman, policier, Série Noire, de Richard B. Parker, le dauphin de Chandler. "A Savage Place", dans la version française, "La Belle et les Ténèbres"; une obscure histoire d'enquête, par un privé, dans le Los Angeles de la fin des années septante. Mais j'ai peut-être déjà évoqué la chose.
"Juliet, Naked" est le dernier roman en date de Nick Hornby. J'aime beaucoup les romans de Nick Hornby, de fait, j'en raffole. Il n'en a, hélas, écrit que cinq ou six. Le premier d'entre eux, découvert via le film adapté d'icelui, "High Fidelity", restait, de mon avis, le meilleur. Celui-ci pourrait lui damer le pion. Ou, tout du moins, lui servir de pendant. Il présente, de fait, des similarités avec le précédent. La musique, et les relations de couple, surtout aux périodes charnières de la vie des individus le composant, demeurent les deux principales thématiques.
J'écoute Billie Holiday, qui se révèle une presque parfaite francophone. Qui l'eût cru? La journée se termine bien. Je m'apprête à jouer à un jeu de courses de robots. Dans huit jours, je m'envolerai pour Pékin. Comme dans un livre de Boris Vian.
Hier, je lisais un roman, policier, Série Noire, de Richard B. Parker, le dauphin de Chandler. "A Savage Place", dans la version française, "La Belle et les Ténèbres"; une obscure histoire d'enquête, par un privé, dans le Los Angeles de la fin des années septante. Mais j'ai peut-être déjà évoqué la chose.
"Juliet, Naked" est le dernier roman en date de Nick Hornby. J'aime beaucoup les romans de Nick Hornby, de fait, j'en raffole. Il n'en a, hélas, écrit que cinq ou six. Le premier d'entre eux, découvert via le film adapté d'icelui, "High Fidelity", restait, de mon avis, le meilleur. Celui-ci pourrait lui damer le pion. Ou, tout du moins, lui servir de pendant. Il présente, de fait, des similarités avec le précédent. La musique, et les relations de couple, surtout aux périodes charnières de la vie des individus le composant, demeurent les deux principales thématiques.
J'écoute Billie Holiday, qui se révèle une presque parfaite francophone. Qui l'eût cru? La journée se termine bien. Je m'apprête à jouer à un jeu de courses de robots. Dans huit jours, je m'envolerai pour Pékin. Comme dans un livre de Boris Vian.
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