Mercredi trente septembre deux mille neuf. Midi quarante-cinq. Aujourd'hui, cinquième et dernier mercredi du mois, pas de tournoi de cartes pour jeunes à la boutique. Je m'en réjouis. La première livraison de la journée vient d'arriver. Deux gros colis lourds, avec sans doute dedans, des dés, des livres, du métal, du plastique et des heures de travail en perspective. Je m'en réjouis d'avance.
Ici, au magasin, la place commence à manquer. Après un week-end occupé à Paris, où j'ai vu des gens, mangé des choses et côtoyé des êtres anonymes, joué à Qin et dormi chez mes parents, sur le plancher de Ramethep et un peu dans le train, je suis de retour. Mon frère a tenu seul, vaillamment et au milieu des joueurs de Magic, la boutique. Du coup, il est fatigué, conséquemment, il dort, et fatalement, je me retrouve seul, pour faire face aux familles du mercredi chômé (pas d'école), aux passants, aux livreurs et aux habitués. Hop.
Le second livreur de la matinée vient de passer, avec des nouveautés en matière de librairie, dont une partie pour après-demain. Les nouveautés Actu-SF de juillet ne nous ont toujours pas été livrées; ça fait plaisir de travailler avec des professionnels (je ne parle pas d'Actu-SF, qui fait du bon boulot, mais de leur distributeur, qui hmm). Je ne vais donc pas tarder à réveiller le frère. Il me rejoindra, je m'enfoncerai sous terre, un de mes tentacules me rapportera un sandwich, ou un fruit, ou un paquet de chips. Je mangerai demain.
Je suis en train de lire "Slaughterhouse-Five", premier roman de Kurt Vonnegut (ou un des premiers), un roman sur la guerre, formidable, comme tout ce qu'a écrit le monsieur. Feu le monsieur. Hier, je me suis enfilé un recueil de nouvelles de Michael Chabon, "A Model World". C'était bien. Ce week-end, pendant mon passage à Paris, j'ai acheté plein de livres, dont "The Coming", un très bon roman de Joe Haldeman, qui ne fait d'ailleurs que des bons bouquins. Et j'ai commencé un Michael Connelly. Et d'autres choses. Je ne sais plus trop. J'en reparlerai quand j'aurai du temps.
mercredi 30 septembre 2009
lundi 21 septembre 2009
La Civilisation de l'Erreur
Lundi vingt-et-un septembre deux mille neuf. Quinze heures quarante-sept. L'automne débute officiellement aujourd'hui, mais la chaleur persiste, tout du moins sur Lyon. Je conserve pour le moment ma tenue d'été, short et T-shirt, tant au boulot que dans mes déambulations en route vers, et de retour du. Le réchauffement climatique se fait sentir. J'ai parfois froid la nuit, nu sous un simple drap, mais je refuse de m'enrhumer. Presque deux ans sans voir de médecin, hormis pour la médecine du travail en Chine, et je m'en porte très bien.
Dix-neuf heures quarante-six. Petite ellipse due à l'affluence de clients. Depuis hier, je lis "L'Etoile flamboyante", de Nicolas Bouchard, un roman avec de bonnes choses et d'atroces coquilles à toutes les pages. Hier soir, je me suis lu le dernier numéro de la revue Bifrost, le cinquante-cinq, consacré à feu Roger Zelazny. Egalement en chantier, un roman de Patricia Briggs avec des loups-garous, le dernier Thomas Pynchon, "Inherent Vice", et un roman de Patricia McKillip, "Ombria in Shadow", dont le protagoniste, élégamment prénommé Ducon dans la VO, s'est vu rebaptiser Duncan dans la version française (on se demande pourquoi).
Samedi, je me suis lu "Generation A", dernier roman en date de Douglas Coupland. Du bon, du très bon. Hmm. Et je suis en train de finir "Tout est illusion", une étude sur Jim Steranko, l'illustrateur psychédélique avec des morceaux de super-héros dedans. J'ai commencé une collection de manuels de jeux de rôle, pour le moment un peu d'Earthdawn, du Mutants & Masterminds, et du Qin. Je compulse tout cela à l'occasion. Je manque de temps pour lire, alors je dors moins.
Programme de la soirée: tenir la boutique pendant le tournoi magique du jour. Lire un peu dans la foulée, si j'y parviens. Ce soir, peut-être, commencer un autre livre sur le chemin du retour. J'ai entamé avant-hier "The Sorrows of an American", de Siri Hustvedt, alias madame Paul Auster. Un roman sur la mémoire et le passage du temps, les relations entre les gens et tout ce genre de choses.
Hier, il a plu. Je me suis remis à boire du thé. Je bois aussi du café, tous les matins, depuis mon passage au Japon en juillet dernier. Dans cinq semaines, je repars en Chine. Ce week-end, je serai sur Paris. Vendredi soir, mes voisins du troisième ont pendu leur crémaillère, ils sont jeunes, stupides et bruyants. J'ai tenu le magasin hier, la journée fut bonne, pas un instant de libre. Je manque de temps pour lire, mais je me rattrape en dormant peu. J'ai sommeil. Les yeux me brûlent. Je me suis remis à boire du thé.
Dix-neuf heures quarante-six. Petite ellipse due à l'affluence de clients. Depuis hier, je lis "L'Etoile flamboyante", de Nicolas Bouchard, un roman avec de bonnes choses et d'atroces coquilles à toutes les pages. Hier soir, je me suis lu le dernier numéro de la revue Bifrost, le cinquante-cinq, consacré à feu Roger Zelazny. Egalement en chantier, un roman de Patricia Briggs avec des loups-garous, le dernier Thomas Pynchon, "Inherent Vice", et un roman de Patricia McKillip, "Ombria in Shadow", dont le protagoniste, élégamment prénommé Ducon dans la VO, s'est vu rebaptiser Duncan dans la version française (on se demande pourquoi).
Samedi, je me suis lu "Generation A", dernier roman en date de Douglas Coupland. Du bon, du très bon. Hmm. Et je suis en train de finir "Tout est illusion", une étude sur Jim Steranko, l'illustrateur psychédélique avec des morceaux de super-héros dedans. J'ai commencé une collection de manuels de jeux de rôle, pour le moment un peu d'Earthdawn, du Mutants & Masterminds, et du Qin. Je compulse tout cela à l'occasion. Je manque de temps pour lire, alors je dors moins.
Programme de la soirée: tenir la boutique pendant le tournoi magique du jour. Lire un peu dans la foulée, si j'y parviens. Ce soir, peut-être, commencer un autre livre sur le chemin du retour. J'ai entamé avant-hier "The Sorrows of an American", de Siri Hustvedt, alias madame Paul Auster. Un roman sur la mémoire et le passage du temps, les relations entre les gens et tout ce genre de choses.
Hier, il a plu. Je me suis remis à boire du thé. Je bois aussi du café, tous les matins, depuis mon passage au Japon en juillet dernier. Dans cinq semaines, je repars en Chine. Ce week-end, je serai sur Paris. Vendredi soir, mes voisins du troisième ont pendu leur crémaillère, ils sont jeunes, stupides et bruyants. J'ai tenu le magasin hier, la journée fut bonne, pas un instant de libre. Je manque de temps pour lire, mais je me rattrape en dormant peu. J'ai sommeil. Les yeux me brûlent. Je me suis remis à boire du thé.
dimanche 13 septembre 2009
Victimisation des Platanes
Dimanche treize septembre deux mille neuf. Midi vingt-six. Je suis passé subrepticement au boulot, bien que ça soit mon jour de congé, pour finir de gérer le stock avant que le magasin ne soit tenu, comme un dimanche par mois, par un de mes associés (et non par moi). J'ai, de fait, enchaîné treize jours de boulot consécutifs, rarement à moins de quinze heures par jour, et je suis, pour dire le moins, sur les rotules. Mon frère rentre ce soir d'une semaine passée en Ecosse, des vacances bien méritées, qui m'ont laissé seul maître à bord. A écoper comme j'ai pu, le navire n'a pas trop pris l'eau, mais il est temps que le capitaine redresse un tant soit peu le cap, nous ne dérivons pas encore, mais je maîtrise mal les eaux dans lesquelles nous naviguons. A chacun son expertise.
La double semaine n'a été qu'un long séjour dans mon magasin, avec des clients, nombreux, les affaires marchent bien, des arrivages, abondants, des commandes à passer, des tournois à gérer, bref, je n'ai pas beaucoup dormi, et j'ai à peine eu le temps de lire deux ou trois livres. Je ne sais, à vrai dire, même plus lesquels. Ils sont empilés quelque part chez moi, et se reposent dans ma tête en attendant d'être sollicités. Depuis ce matin, je suis sur "Slam", de Nick Hornby, et "A Most Wanted Man", de John Le Carré. Histoire de ne pas lire que de la science-fiction ou de la fantasy.
Ca me revient. Je me suis lu, hier ou avant-hier, le dernier roman de Philip Roth, Indignation. Une histoire de jeune homme en colère, à l'université, dans les années cinquante, le spectre de la guerre de Corée menaçant sa paix d'esprit. Je n'ai pas eu le temps de jouer, comme je me l'étais promis, mais nos habitués s'en sont donné à cœur joie. J'ai dû passer du temps à ranger la salle de jeu, vider les poubelles, remettre de l'ordre dans le désordre, et remplir le frigo de boissons pour les passants. J'aime mon métier.
Que dire de plus? Les précieuses heures de sommeil que j'ai sacrifiées vendredi matin pour aller faire ma lessive trihebdomadaire se sont soldées par un constat de panne, in vivo, des machines de la laverie. Au lieu de rester quarante minutes dans la machine, à tourner tant et plus au rythme de la centrifugeuse, mon linge n'a mis que douze minutes avant de s'immobiliser, tout mouillé, propre mais tout mouillé, dans le téléviseur. J'ai opté pour un séchage maison, accompagné d'une flaque monumentale, derrière moi puis chez moi, avant de filer vers le boulot. Où je suis encore. Un dimanche midi.
De fait, je ne vais pas m'attarder davantage, je dois encore finir de mettre à jour le stock, après les arrivages de la semaine, et les ventes de ces derniers jours. Et partir. Dormir. Lire. Me promener. Appeler des gens et passer chez eux à l'improviste. Trouver quelque chose à manger ce soir. Pour le moment, je n'ai rien chez moi, le temps m'a manqué, cette semaine, pour aller faire les courses alimentaires que mon propre réfrigérateur réclame à grands cris depuis plusieurs jours. Heureusement je dispose, sur mon lieu de travail, d'une machine à café de haut vol. J'aime mon métier.
La double semaine n'a été qu'un long séjour dans mon magasin, avec des clients, nombreux, les affaires marchent bien, des arrivages, abondants, des commandes à passer, des tournois à gérer, bref, je n'ai pas beaucoup dormi, et j'ai à peine eu le temps de lire deux ou trois livres. Je ne sais, à vrai dire, même plus lesquels. Ils sont empilés quelque part chez moi, et se reposent dans ma tête en attendant d'être sollicités. Depuis ce matin, je suis sur "Slam", de Nick Hornby, et "A Most Wanted Man", de John Le Carré. Histoire de ne pas lire que de la science-fiction ou de la fantasy.
Ca me revient. Je me suis lu, hier ou avant-hier, le dernier roman de Philip Roth, Indignation. Une histoire de jeune homme en colère, à l'université, dans les années cinquante, le spectre de la guerre de Corée menaçant sa paix d'esprit. Je n'ai pas eu le temps de jouer, comme je me l'étais promis, mais nos habitués s'en sont donné à cœur joie. J'ai dû passer du temps à ranger la salle de jeu, vider les poubelles, remettre de l'ordre dans le désordre, et remplir le frigo de boissons pour les passants. J'aime mon métier.
Que dire de plus? Les précieuses heures de sommeil que j'ai sacrifiées vendredi matin pour aller faire ma lessive trihebdomadaire se sont soldées par un constat de panne, in vivo, des machines de la laverie. Au lieu de rester quarante minutes dans la machine, à tourner tant et plus au rythme de la centrifugeuse, mon linge n'a mis que douze minutes avant de s'immobiliser, tout mouillé, propre mais tout mouillé, dans le téléviseur. J'ai opté pour un séchage maison, accompagné d'une flaque monumentale, derrière moi puis chez moi, avant de filer vers le boulot. Où je suis encore. Un dimanche midi.
De fait, je ne vais pas m'attarder davantage, je dois encore finir de mettre à jour le stock, après les arrivages de la semaine, et les ventes de ces derniers jours. Et partir. Dormir. Lire. Me promener. Appeler des gens et passer chez eux à l'improviste. Trouver quelque chose à manger ce soir. Pour le moment, je n'ai rien chez moi, le temps m'a manqué, cette semaine, pour aller faire les courses alimentaires que mon propre réfrigérateur réclame à grands cris depuis plusieurs jours. Heureusement je dispose, sur mon lieu de travail, d'une machine à café de haut vol. J'aime mon métier.
jeudi 3 septembre 2009
Les Rhododendrons de la Mort
Jeudi trois septembre deux mille neuf. Minuit huit. Un peu plus de quinze heures depuis que je suis au boulot. Ce soir, à l'occasion d'une sortie magique, je fais des heures sup. Le tournoi magique du soir est terminé, les joueurs sont rentrés chez eux. L'opération mercantile est un flop. D'un autre côté, je viens à peine d'en finir avec les nouveautés de la journée, le recensement des produits sortis des colis, l'étiquetage des marchandises, le lent escamotage des livres encombrant la table des arrivées. Reste à les ranger. Je ferai ça demain.
Ce matin, j'étais présent sur les lieux vers huit heures cinquante. Un peu de comptabilité, et je me suis lancé dans la longue attente de la nouveauté, qu'un livreur capricieux n'acceptait de nous apporter qu'avant dix heures. J'ai pu lire un peu, tout en coordonnant l'orbite des principales orbes évoluant dans le Système Solaire (pff, trop facile). Depuis la nuit dernière, je me promène dans les pages légères de "Dead Until Dark", premier roman vampirique de Charlaine Harris. Une série est en cours d'adaptation, "True Blood", que j'ai aperçue chez mon frère il y a quelques mois. Une version française des romans vient de nous arriver, et le phénomène semble déferler dans les veines de mes contemporains, mais bon. Je ne refuse pas de lire un livre sous prétexte que c'est un best-seller, je n'ai plus quinze ans.
Hier, j'ai lu "Les Survivants de l'Humanité", un roman de science-fiction old-school dû à Jean-Marc Lofficier et sa femme Randy. L'essentiel date du début des années soixante-dix. Inspiration pulps, Jack Kirby, très fluide avec une structure linéaire sans surprise, mais le tout reste efficace. Je me suis converti à la collection Rivière Blanche, dont j'acquérrai progressivement tout le catalogue.
Il fait toujours trop chaud. J'ai sommeil. Je devrai marcher quarante minutes pour regagner mon domicile, car à cette heure tardive, pas moyen de garer de vélov' près de chez moi. J'ai les pieds mouillés, il a plu avant-hier, et je crains que mes chaussures ne soient pas étanches, finalement. Ou mal aérées. Je crains qu'à force d'y enserrer mes pieds en milieu humide, ils ne s'en couvrent de champignons. Il faudra que je songe à changer mes chaussettes, ça fera bientôt deux mois que je les ai aux pieds.
Avant-hier, je me suis lu "Zoe's Tale", dernier roman en date de John Scalzi, quatrième dans la série, redondant dans les événements racontés, mais exposant le point-de-vue d'une petite fille partie prenante du tout. Du space-opera en carton qui se laisse dévorer sans sourciller. Ce week-end, je me suis farci "Rien ne nous survivra - Le pire est avenir", dernier roman de Maïa Mazaurette. Du post-apo (comme les Lofficier), en fait pas vraiment, mais ça y ressemble. La révolte des jeunes a mis Paris à feu et à sang, les adultes ont fui la capitale française, dont le nord reste aux mains de l'armée tandis que les jeunes, retranchés dans le sud, mènent une croisade contre les vieux. Qu'ils tuent. Les héros sont deux snipers, un garçon et un point d'interrogation. Pas convaincu. Il y a un compte-à-rebours, des dialogues convenus, des personnages interchangeables. Une fin médiocre.
Programme de la soirée: très bientôt, quitter la boutique pour m'aller perdre dans les rues de Lyon. Il fait meilleur. Une fois de retour chez moi, jeter mes chaussettes. Lire un peu. Dormir. Tenter d'ouvrir les fenêtres, si le vent nocturne m'en laisse le loisir. Dans mon colimateur, Iain M. Banks, Jean Beauverger, la dernière nouvelle du "Janua Vera" de Jean-Philippe Jaworski. Demain matin, faire la grasse matinée, rejoindre la boutique quand je pourrai. Le soir, mon frère repartira en vacances, pour dix jours, en Ecosse. Dans sept semaines, je m'envolerai pour la Chine.
Ce matin, j'étais présent sur les lieux vers huit heures cinquante. Un peu de comptabilité, et je me suis lancé dans la longue attente de la nouveauté, qu'un livreur capricieux n'acceptait de nous apporter qu'avant dix heures. J'ai pu lire un peu, tout en coordonnant l'orbite des principales orbes évoluant dans le Système Solaire (pff, trop facile). Depuis la nuit dernière, je me promène dans les pages légères de "Dead Until Dark", premier roman vampirique de Charlaine Harris. Une série est en cours d'adaptation, "True Blood", que j'ai aperçue chez mon frère il y a quelques mois. Une version française des romans vient de nous arriver, et le phénomène semble déferler dans les veines de mes contemporains, mais bon. Je ne refuse pas de lire un livre sous prétexte que c'est un best-seller, je n'ai plus quinze ans.
Hier, j'ai lu "Les Survivants de l'Humanité", un roman de science-fiction old-school dû à Jean-Marc Lofficier et sa femme Randy. L'essentiel date du début des années soixante-dix. Inspiration pulps, Jack Kirby, très fluide avec une structure linéaire sans surprise, mais le tout reste efficace. Je me suis converti à la collection Rivière Blanche, dont j'acquérrai progressivement tout le catalogue.
Il fait toujours trop chaud. J'ai sommeil. Je devrai marcher quarante minutes pour regagner mon domicile, car à cette heure tardive, pas moyen de garer de vélov' près de chez moi. J'ai les pieds mouillés, il a plu avant-hier, et je crains que mes chaussures ne soient pas étanches, finalement. Ou mal aérées. Je crains qu'à force d'y enserrer mes pieds en milieu humide, ils ne s'en couvrent de champignons. Il faudra que je songe à changer mes chaussettes, ça fera bientôt deux mois que je les ai aux pieds.
Avant-hier, je me suis lu "Zoe's Tale", dernier roman en date de John Scalzi, quatrième dans la série, redondant dans les événements racontés, mais exposant le point-de-vue d'une petite fille partie prenante du tout. Du space-opera en carton qui se laisse dévorer sans sourciller. Ce week-end, je me suis farci "Rien ne nous survivra - Le pire est avenir", dernier roman de Maïa Mazaurette. Du post-apo (comme les Lofficier), en fait pas vraiment, mais ça y ressemble. La révolte des jeunes a mis Paris à feu et à sang, les adultes ont fui la capitale française, dont le nord reste aux mains de l'armée tandis que les jeunes, retranchés dans le sud, mènent une croisade contre les vieux. Qu'ils tuent. Les héros sont deux snipers, un garçon et un point d'interrogation. Pas convaincu. Il y a un compte-à-rebours, des dialogues convenus, des personnages interchangeables. Une fin médiocre.
Programme de la soirée: très bientôt, quitter la boutique pour m'aller perdre dans les rues de Lyon. Il fait meilleur. Une fois de retour chez moi, jeter mes chaussettes. Lire un peu. Dormir. Tenter d'ouvrir les fenêtres, si le vent nocturne m'en laisse le loisir. Dans mon colimateur, Iain M. Banks, Jean Beauverger, la dernière nouvelle du "Janua Vera" de Jean-Philippe Jaworski. Demain matin, faire la grasse matinée, rejoindre la boutique quand je pourrai. Le soir, mon frère repartira en vacances, pour dix jours, en Ecosse. Dans sept semaines, je m'envolerai pour la Chine.
mercredi 2 septembre 2009
Gorgonzola by Night
Mercredi deux septembre deux mille neuf. Quatorze heures quarante. L'été met un temps fou à mourir. Il a plu toute la nuit, mais en plein jour, l'eau s'évapore en quelques dizaines de minutes. Sauf dans mes chaussures, qui restent imbibées du jus d'hier soir. Avec mes pieds dedans, ça finira bien par sécher. Floc. Floc.
Mon frère est rentré de vacances, il y a quelque temps déjà. Il a râlé, avant de reprendre en main les choses que je n'avais pas été capable d'assurer pendant son absence. Je ne sais pas me servir d'Excell. J'avais plein de rangements à faire qui ne se sont pas faits tout seuls. J'avais un boulot monstre que quinze heures de travail quotidien n'ont pas suffi à abattre. Mais maintenant, tout va bien, le chef est dans la place, il râle moins, et je peux de nouveau me consacrer à construire des piles de cartons branlantes qui s'effondrent au moindre courant d'air.
La chaleur est moindre, depuis quelques jours, mais pas encore assez. Je maugrée en invoquant l'hiver. Dans trois semaines, je me plaindrai du froid. Le week-end dernier, j'ai passé un samedi en Picardie, pour le mariage d'une cousine, une demi-journée de part et d'autre en Ile-de-France, et mille kilomètres de route sous la houlette de ma belle-soeur. J'ai peu dormi.
Ellipse. Hop. Dix-sept heures cinquante-sept. Les nécessités du travail rendent difficile la rédaction de cette entrée. Je m'y recollerai un jour prochain.
Mon frère est rentré de vacances, il y a quelque temps déjà. Il a râlé, avant de reprendre en main les choses que je n'avais pas été capable d'assurer pendant son absence. Je ne sais pas me servir d'Excell. J'avais plein de rangements à faire qui ne se sont pas faits tout seuls. J'avais un boulot monstre que quinze heures de travail quotidien n'ont pas suffi à abattre. Mais maintenant, tout va bien, le chef est dans la place, il râle moins, et je peux de nouveau me consacrer à construire des piles de cartons branlantes qui s'effondrent au moindre courant d'air.
La chaleur est moindre, depuis quelques jours, mais pas encore assez. Je maugrée en invoquant l'hiver. Dans trois semaines, je me plaindrai du froid. Le week-end dernier, j'ai passé un samedi en Picardie, pour le mariage d'une cousine, une demi-journée de part et d'autre en Ile-de-France, et mille kilomètres de route sous la houlette de ma belle-soeur. J'ai peu dormi.
Ellipse. Hop. Dix-sept heures cinquante-sept. Les nécessités du travail rendent difficile la rédaction de cette entrée. Je m'y recollerai un jour prochain.
dimanche 9 août 2009
Freewheel Burning
Dimanche neuf août deux mille neuf. Quinze heures quarante-trois. Dimanche est sans doute le jour de la semaine où je préfère travailler. Déjà, je commence à quatorze heures au lieu de onze heures du matin, ce qui me fait arriver vers midi plutôt que neuf ou dix heures, surtout en cette période de remaniement du tissu espace-temps. Ensuite, les clients sont rares, donc j'ai le temps de faire ces petites choses qui, les autres jours, s'entassent et se rappellent à mon attention, le soir, lorsque, au terme de quinze heures consécutives de travail, je rentre me coucher, par lâcheté, plutôt que de m'y atteler. J'aime le dimanche.
Cette première semaine sans mon frère s'achève de manière plutôt positive. Les ventes sont bonnes, les fournisseurs en vacances n'ont pas posé de problèmes, j'ai réussi à passer quelques commandes, et Mirgwael est venu me suppléer aux bons moments, quand je commençais à m'effondrer et que mon épiderme desséché menaçait de se fendiller, répandant sur le parquet sale de la boutique mes entrailles malmenées par la privation et le déséquilibre de mon régime alimentaire. J'avais besoin de repos, Mirgwael m'a remplacé certains soirs, épaulé certains matins, il a su faire de la comptabilité et lessiver le carrelage quand l'énergie m'en manquait. J'aime le travail en équipe.
Puisque nous en sommes à parler des choses que j'aime, mentionnons la lecture, ou la littérature ou les livres, pour peu qu'il y ait une différence entre les trois. Certains livres ont des images, d'autres sont snobés par une partie du public, qui rechigne à leur accorder le nom de littérature, mais les vrais amis des livres s'en tapent, qu'il s'agisse de revues, de volumes en poche ou de grand format, ils engrangent et avoinent à tout va. En ce moment, j'engrange plus que je n'avoine, mais un jour viendra... J'ai compromis la solidité financière de mon foyer en confiant mes économies au libraire SF d'occasion que je connais sur Lyon. Je suis reparti avec deux grands sacs pleins de livres. Il fait même du comic book, en anglais, avec du super-hero dedans. Comment résister?
Les moustiques ont apparemment fini par découvrir le chemin de mon quatrième étage sans ascenseur. Ils viennent pousser la chansonnette dans mes oreilles aux petit matin, boire quelques pintes de mon sang primé, et décorer mes murs blancs par les taches écarlates qui viennent s'y imprimer quand sonne leur dernière heure, à grand renfort de pantoufle. Il faudra que je pense à nettoyer les murs. Quant à savoir comment ils ont fait pour s'introduire dans mon domicile, je pencherais pour les fenêtres grand ouvertes une partie de la nuit, mais j'attendrai les résultats finaux de l'enquête officielle avant de me prononcer.
Mes fenêtres restent ouvertes, on s'en sera douté, du fait des grands chaleurs qui sévissent présentement en notre belle ville de Lyon. Le mercure doit osciller, au plus fort du cagnard journalier, entre trente et trente-cinq degrés, avec des pointes proches de quarante. A mon avis. Je n'ai pas de thermomètre, et je suis équipé, au boulot, d'un ventilateur spécialisé en rhumes, donc je ne suis pas le mieux placé pour connaître la réalité empirique du temps qu'il fait, mais comme je bosse derrière un comptoir, les gens qui viennent m'acheter à boire se sentent obligés de me faire des confidences. Et puis, avouons-le, comme je passe l'essentiel de mes journées courbé en deux sous le poids des livres ou des packs de bouteilles, ou des plateaux de cannettes, ou des cartons livrés pour moi en rémission des péchés, je la connais, en fait, la chaleur, et ce, quelle que soit la saison. Alors, bon. Le mercure peut bien monter, descendre, je suerai toute l'année. Bénies soient mes douches froides quotidiennes.
Programme de la journée: tout en guettant le chaland, traîner sur l'entretoile tout en rangeant ma boutique. Dans un peu plus de trois heures, à la fermeture, je poursuivrai mes efforts afin de débarquer, demain matin, dans un environnement favorablement débarassé de tout ce qui l'encombre. En soirée, je regarderai un disque digital polyvalent, avant de me plonger dans les aventures illustrées, quoiqu'en noir et blanc dans la réédition bon marché acquise ce jeudi, de Luke Cage, héros à louer, alias Power Man pour les extimes. La réponse du comic-book anti-balles aux tropes de la blackploitation mise au goût du jour par le cinéma populaire des early seventies (car la BD en question est d'époque).
Dormir, avant l'aube, pour revenir au magasin. Mon frère rentre vendredi. J'aurai, d'ici là, achevé mes rangements et accumulé un retard conséquent dans la gestion quotidienne du commerce; à moins que, d'ici là, je ne prenne le coup de main et ne parvienne à tout gérer de front, en un temps record, sans erreur et sans stress. Mais j'en doute. Grâce à Mirgwael, ma semaine de travail est descendue de quatre-vingt-dix à quatre-vingts heures, et encore, je n'ai pas eu le temps de tout faire. Dans un an, peut-être, mon expérience de tous les aspects du métier sera suffisante pour me permettre de tout abattre simultanément, à la perfection et dans l'allégresse, mais en l'état, je poursuis mon apprentissage. Et mon sandwich à la rosette.
Cette première semaine sans mon frère s'achève de manière plutôt positive. Les ventes sont bonnes, les fournisseurs en vacances n'ont pas posé de problèmes, j'ai réussi à passer quelques commandes, et Mirgwael est venu me suppléer aux bons moments, quand je commençais à m'effondrer et que mon épiderme desséché menaçait de se fendiller, répandant sur le parquet sale de la boutique mes entrailles malmenées par la privation et le déséquilibre de mon régime alimentaire. J'avais besoin de repos, Mirgwael m'a remplacé certains soirs, épaulé certains matins, il a su faire de la comptabilité et lessiver le carrelage quand l'énergie m'en manquait. J'aime le travail en équipe.
Puisque nous en sommes à parler des choses que j'aime, mentionnons la lecture, ou la littérature ou les livres, pour peu qu'il y ait une différence entre les trois. Certains livres ont des images, d'autres sont snobés par une partie du public, qui rechigne à leur accorder le nom de littérature, mais les vrais amis des livres s'en tapent, qu'il s'agisse de revues, de volumes en poche ou de grand format, ils engrangent et avoinent à tout va. En ce moment, j'engrange plus que je n'avoine, mais un jour viendra... J'ai compromis la solidité financière de mon foyer en confiant mes économies au libraire SF d'occasion que je connais sur Lyon. Je suis reparti avec deux grands sacs pleins de livres. Il fait même du comic book, en anglais, avec du super-hero dedans. Comment résister?
Les moustiques ont apparemment fini par découvrir le chemin de mon quatrième étage sans ascenseur. Ils viennent pousser la chansonnette dans mes oreilles aux petit matin, boire quelques pintes de mon sang primé, et décorer mes murs blancs par les taches écarlates qui viennent s'y imprimer quand sonne leur dernière heure, à grand renfort de pantoufle. Il faudra que je pense à nettoyer les murs. Quant à savoir comment ils ont fait pour s'introduire dans mon domicile, je pencherais pour les fenêtres grand ouvertes une partie de la nuit, mais j'attendrai les résultats finaux de l'enquête officielle avant de me prononcer.
Mes fenêtres restent ouvertes, on s'en sera douté, du fait des grands chaleurs qui sévissent présentement en notre belle ville de Lyon. Le mercure doit osciller, au plus fort du cagnard journalier, entre trente et trente-cinq degrés, avec des pointes proches de quarante. A mon avis. Je n'ai pas de thermomètre, et je suis équipé, au boulot, d'un ventilateur spécialisé en rhumes, donc je ne suis pas le mieux placé pour connaître la réalité empirique du temps qu'il fait, mais comme je bosse derrière un comptoir, les gens qui viennent m'acheter à boire se sentent obligés de me faire des confidences. Et puis, avouons-le, comme je passe l'essentiel de mes journées courbé en deux sous le poids des livres ou des packs de bouteilles, ou des plateaux de cannettes, ou des cartons livrés pour moi en rémission des péchés, je la connais, en fait, la chaleur, et ce, quelle que soit la saison. Alors, bon. Le mercure peut bien monter, descendre, je suerai toute l'année. Bénies soient mes douches froides quotidiennes.
Programme de la journée: tout en guettant le chaland, traîner sur l'entretoile tout en rangeant ma boutique. Dans un peu plus de trois heures, à la fermeture, je poursuivrai mes efforts afin de débarquer, demain matin, dans un environnement favorablement débarassé de tout ce qui l'encombre. En soirée, je regarderai un disque digital polyvalent, avant de me plonger dans les aventures illustrées, quoiqu'en noir et blanc dans la réédition bon marché acquise ce jeudi, de Luke Cage, héros à louer, alias Power Man pour les extimes. La réponse du comic-book anti-balles aux tropes de la blackploitation mise au goût du jour par le cinéma populaire des early seventies (car la BD en question est d'époque).
Dormir, avant l'aube, pour revenir au magasin. Mon frère rentre vendredi. J'aurai, d'ici là, achevé mes rangements et accumulé un retard conséquent dans la gestion quotidienne du commerce; à moins que, d'ici là, je ne prenne le coup de main et ne parvienne à tout gérer de front, en un temps record, sans erreur et sans stress. Mais j'en doute. Grâce à Mirgwael, ma semaine de travail est descendue de quatre-vingt-dix à quatre-vingts heures, et encore, je n'ai pas eu le temps de tout faire. Dans un an, peut-être, mon expérience de tous les aspects du métier sera suffisante pour me permettre de tout abattre simultanément, à la perfection et dans l'allégresse, mais en l'état, je poursuis mon apprentissage. Et mon sandwich à la rosette.
lundi 3 août 2009
Ma Maison est en Carton
Lundi trois août deux mille neuf. Midi quatorze du matin. Tout seul depuis ce matin à la boutique. Mon frère n'a pas pu partir en Ecosse comme initialement prévu, pour une obscure question de délai dans la délivrance de papiers d'identité, mais comme les billets de train étaient déjà réservés, il passera une grosse dizaine de jours en région parisienne, en Normandie, ou ailleurs. Que sais-je. Mais il ne sera pas à l'étranger, donc je pourrai le déranger toutes les cinq minutes en l'appelant sur son portable pour des détails insignifiants dans la gestion de son magasin.
La semaine dernière, j'ai hébergé Vertige, venu sur Lyon découvrir la ville et s'entretenir professionnellement avec des gens. Je pense qu'il a plutôt apprécié le coin, j'ai pour ma part quelque peu manqué de disponibilité pour me rendre présent, mais j'ai offert mon toit, mon frigo et mon rare temps libre à l'ami de passage. C'était la seconde fois qu'un hôte de passage vient me rendre visite, et j'ai toujours un matelas d'appoint pour ces circonstances. Qu'on se le tienne pour dit.
Mardi dernier, comme prévu, mes parents ont débarqué à bord d'un camion de déménagement. Aidés par ma belle-sœur et deux clients, nous avons fait gravir les quatre étages doubles aux quatre-vingts cartons, aux quelques meubles et à nos corps fatigués. Bilan des courses, un début de tendinite qui ne s'est pas arrangé après quatre jours intenses à la boutique, à rester debout le plus clair du temps, à déambuler dans les rayons où nous avons ajouté des étagères, qu'il m'a fallu regarnir en déplaçant, plusieurs fois d'affilée, l'ensemble des livres que nous vendons (et ils sont nombreux). Il me reste à finir de reclasser le tout début de l'alphabet, et la toute fin. Et à trouver un mètre cinquante de rayons pour y mettre les ouvrages déplacés par mon frère pour faire de la place dans un autre rayon (où j'ai pour le moment stocké, en vrac, ce qui dépassait). Doooonc, j'ai encore pas mal de pain sur la planche.
Hier dimanche, je me reposais, mais comme la veille, j'avais fini de travailler vers quatre heures du matin (soit dix-huit heures consécutives de labeur, avec un samedi au milieu, soit la journée la plus active de la semaine, et un rejet gastrique vers dix-huit heures, mon sandwich pas frais de l'avant-veille qui n'est finalement pas passé, surtout à m'accroupir sans cesse dans les rayons pour en extraire des kilos de papier pour recommencer l'opération immédiatement après, très mauvais pour les genoux, mais mes abdos se portent bien, merci pour eux), j'ai peu dormi, et le repos pris n'a pas suffi à compenser la fatigue accumulée.
Dans l'après-midi, je suis allé boire une bière au bar-restaurant qui nous prête sa salle pour faire des tournois de cartes le dimanche, j'y ai récupéré l'ordinateur portable de la boutique, quelques boîtes de cartes non utilisées pour le tournoi, avant de filer vers le magasin, où j'ai pu récupérer les clefs qu'un associé avait utilisées pour tenir le fort pendant mon jour de congé. En soirée, deux parties de jeux de plateau de durée moyenne avec des habitués. Retour vers minuit, le sommeil n'est venu que vers quatre heures du matin, après visionnage des quatre premiers épisodes de la seconde saison de Battlestar Galactica, la récente série. Je passerai sans doute une ou deux heures ce soir à regarder la suite.
Ce lundi matin, la fatigue est au rendez-vous, même si les clients se font rares. L'effet mois d'août, j'imagine. Aucune vente pour le moment (il est midi trente-cinq), malgré deux ou trois brefs passages de clients putatifs. Les éboueurs m'ont gentiment engueulé parce que les poubelles de l'immeuble (que je n'ai pas pu remplir de la récolte de déchets du week-end, because les professionnels de l'ordure ne sont pas passés à l'heure habituelle, ce qui me permet d'ordinaire, en venant une demi-heure plus tôt au boulot, de sortir les poubelles avant d'ouvrir) contenaient des copeaux de neige blanche, fort volatiles, que j'y avais entassés, n'ayant guère le choix, vu qu'un de nos principaux fournisseurs aime en emplir ses cartons. Un autre de nos fournisseurs est déjà passé ce matin, trois cartons que j'ai aussitôt ouverts, inventoriés, découpés et ajoutés au stock. Je suis débordé.
Je pense que les dix jours à venir seront difficiles. Mes associés se sont manifestés pour me dire que je pourrais faire appel à eux en cas de besoin, pour m'épauler ou me remplacer ponctuellement, les jours où eux-mêmes sont libres. L'offre n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, et quand la fatigue me terrassera, ou que clients, livraisons et commandes me subermergeront, je verrai bien s'ils sont disponibles. Toujours est-il qu'à l'heure actuelle, je me sais mal préparé à tout gérer tout seul. Les commandes (même si plusieurs de nos fournisseurs seront partis, justement cette semaine, pour d'obscures raisons de départ en vacances), la comptabilité et la gestion du stock en général, je ne m'en suis jamais occupé, et je ne suis pas sûr de pouvoir le faire (mais il faudra bien). Et plusieurs gammes de produits, que mon frère connaît sur le bout des doigts, me sont encore massivement hermétiques.
Du coup, entre les journées de quinze heures de travail et la fatigue nerveuse, musculaire et tendinique, je n'ai guère avancé les rangements chez moi. La plupart des cartons ont été ouverts, mais une petite moitié s'est vu empiler dans un coin, en attendant que le courage me prenne de monter l'étagère en pièces détachées que mes parents m'ont laissée. Je n'ai pas de marteau, donc je compte emprunter celui de la boutique, maintenant que nous avons terminé d'y monter les nouvelles étagères, mais il faudra que je m'occupe de l'assemblage et du remplissage le matin avant neuf heures, à une heure où je suis généralement occupé, sinon à dormir, du moins à gérer le quotidien de mon domicile.
Choses à faire demain matin très tôt, avant de venir au magasin vider les poubelles, ranger les livres et retrouver les produits égarés dans les profondeurs de la réserve (dont l'espace intérieur est de loin supérieur au volume extérieur, mais ne cesse de faire défaut): prendre une douche intégrale, longue et shampooinée, avec de l'eau chaude que j'aurai pris le temps de fabriquer en branchant mon ballon, deux heures avant la prise de douche; passer une heure entre la laverie, où je regarderai tourner mon linge, animé d'une volonté propre, baigner dans une dédoction purificatrice, à l'abri d'un hublot circulaire aux vertus hypnotiques, surtout tôt le matin, et mon studio, où je déploierai le séchoir en métal idoine, propice au desséchement du linge une fois propre, mais humide; traîner mes guêtres dans les allées du supermarché de proximité, y recomposer mes réserves alimentaires, fort déplétées par l'enchaînement des petits-déj', l'accueil prolongé de Vertige et le temps qui m'a fait, précisément, défaut, pour entretenir mon stock. Et c'est tout, je crois, pour demain matin.
La semaine a donc été pauvre en lectures. J'ai achevé Janua Vera, recueil passionnant, auquel je devrai ajouter la nouvelle contenue uniquement dans la version de poche, et Gagner la Guerre, du même Jean-Philippe Jaworski, que j'ai chez moi, parmi d'autres ouvrages, fort nombreux au demeurant, attendant d'être lus. J'ai profité de mon jour de repos pour lire le premier volume de Chroniques des Nouveaux Mondes, de Jean-Marc Ligny, et j'ai repris ma lecture d'Outlander, de Diana Gabaldon, dont j'espère pouvoir venir à bout prochainement (encore trois cents pages de romance cross-temporelle sur les hautes terres d'Ecosse).
Programme de la journée: tenir le coup, à grands renforts de café et de sandwiches que je n'ai pas eu le temps de préparer ce matin, et que je ne pourrai donc pas manger. Faire venir les clients, par la puissance de mes ondes télépathiques, et assurer par mon dynamisme, mon professionnalisme et mes verbiages, l'avenir financier de mon commerce. En soirée, tenir un tournoi magique pendant que je tenterai d'achever les rangements, dont je ne m'occupe pas pour le moment, parce qu'étant seul, je ne puis me réfugier dans les espaces liminaires du monde matériel, car ainsi procéder serait me dissimuler à la vue de mes contemporains, lesquels n'oseraient franchir le seuil du magasin ou, pire encore, le pourraient franchir à mon insu, déambuler librement dans les allées du lieu, acquérir sans me le dire les produits disposés sur les rayonnages, partir sans payer ou, pire encore, se sentir mal accueillis, mal servis, mal conseillés, alors même que je dispose de toutes les réponses aux questions qu'ils n'oseront pas me poser.
Programme des heures à venir: en attendant un bref passage de mon frère, entre deux trains, le temps de récupérer les clefs du domicile parental et me prodiguer quelques conseils salutaires, gérer le stock, les livraisons, les clients, lire quelques pages du roman entamé, me renseigner sur les nouveautés, présentes et à venir, du monde de l'édition, et caetera. Mes genoux me tirent, ma cheville me lance, mon estomac gargouille et la solitude me plonge dans des affres d'angoisse cosmique. A moins que ça ne soit la faim. Réponse après ingestion d'un morceau de pain rassis, tartiné de beurre rance, si je trouve une âme charitable pour m'aller quérir la bête. Le mois d'août en solitaire, ça n'est pas facile tous les jours.
La semaine dernière, j'ai hébergé Vertige, venu sur Lyon découvrir la ville et s'entretenir professionnellement avec des gens. Je pense qu'il a plutôt apprécié le coin, j'ai pour ma part quelque peu manqué de disponibilité pour me rendre présent, mais j'ai offert mon toit, mon frigo et mon rare temps libre à l'ami de passage. C'était la seconde fois qu'un hôte de passage vient me rendre visite, et j'ai toujours un matelas d'appoint pour ces circonstances. Qu'on se le tienne pour dit.
Mardi dernier, comme prévu, mes parents ont débarqué à bord d'un camion de déménagement. Aidés par ma belle-sœur et deux clients, nous avons fait gravir les quatre étages doubles aux quatre-vingts cartons, aux quelques meubles et à nos corps fatigués. Bilan des courses, un début de tendinite qui ne s'est pas arrangé après quatre jours intenses à la boutique, à rester debout le plus clair du temps, à déambuler dans les rayons où nous avons ajouté des étagères, qu'il m'a fallu regarnir en déplaçant, plusieurs fois d'affilée, l'ensemble des livres que nous vendons (et ils sont nombreux). Il me reste à finir de reclasser le tout début de l'alphabet, et la toute fin. Et à trouver un mètre cinquante de rayons pour y mettre les ouvrages déplacés par mon frère pour faire de la place dans un autre rayon (où j'ai pour le moment stocké, en vrac, ce qui dépassait). Doooonc, j'ai encore pas mal de pain sur la planche.
Hier dimanche, je me reposais, mais comme la veille, j'avais fini de travailler vers quatre heures du matin (soit dix-huit heures consécutives de labeur, avec un samedi au milieu, soit la journée la plus active de la semaine, et un rejet gastrique vers dix-huit heures, mon sandwich pas frais de l'avant-veille qui n'est finalement pas passé, surtout à m'accroupir sans cesse dans les rayons pour en extraire des kilos de papier pour recommencer l'opération immédiatement après, très mauvais pour les genoux, mais mes abdos se portent bien, merci pour eux), j'ai peu dormi, et le repos pris n'a pas suffi à compenser la fatigue accumulée.
Dans l'après-midi, je suis allé boire une bière au bar-restaurant qui nous prête sa salle pour faire des tournois de cartes le dimanche, j'y ai récupéré l'ordinateur portable de la boutique, quelques boîtes de cartes non utilisées pour le tournoi, avant de filer vers le magasin, où j'ai pu récupérer les clefs qu'un associé avait utilisées pour tenir le fort pendant mon jour de congé. En soirée, deux parties de jeux de plateau de durée moyenne avec des habitués. Retour vers minuit, le sommeil n'est venu que vers quatre heures du matin, après visionnage des quatre premiers épisodes de la seconde saison de Battlestar Galactica, la récente série. Je passerai sans doute une ou deux heures ce soir à regarder la suite.
Ce lundi matin, la fatigue est au rendez-vous, même si les clients se font rares. L'effet mois d'août, j'imagine. Aucune vente pour le moment (il est midi trente-cinq), malgré deux ou trois brefs passages de clients putatifs. Les éboueurs m'ont gentiment engueulé parce que les poubelles de l'immeuble (que je n'ai pas pu remplir de la récolte de déchets du week-end, because les professionnels de l'ordure ne sont pas passés à l'heure habituelle, ce qui me permet d'ordinaire, en venant une demi-heure plus tôt au boulot, de sortir les poubelles avant d'ouvrir) contenaient des copeaux de neige blanche, fort volatiles, que j'y avais entassés, n'ayant guère le choix, vu qu'un de nos principaux fournisseurs aime en emplir ses cartons. Un autre de nos fournisseurs est déjà passé ce matin, trois cartons que j'ai aussitôt ouverts, inventoriés, découpés et ajoutés au stock. Je suis débordé.
Je pense que les dix jours à venir seront difficiles. Mes associés se sont manifestés pour me dire que je pourrais faire appel à eux en cas de besoin, pour m'épauler ou me remplacer ponctuellement, les jours où eux-mêmes sont libres. L'offre n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, et quand la fatigue me terrassera, ou que clients, livraisons et commandes me subermergeront, je verrai bien s'ils sont disponibles. Toujours est-il qu'à l'heure actuelle, je me sais mal préparé à tout gérer tout seul. Les commandes (même si plusieurs de nos fournisseurs seront partis, justement cette semaine, pour d'obscures raisons de départ en vacances), la comptabilité et la gestion du stock en général, je ne m'en suis jamais occupé, et je ne suis pas sûr de pouvoir le faire (mais il faudra bien). Et plusieurs gammes de produits, que mon frère connaît sur le bout des doigts, me sont encore massivement hermétiques.
Du coup, entre les journées de quinze heures de travail et la fatigue nerveuse, musculaire et tendinique, je n'ai guère avancé les rangements chez moi. La plupart des cartons ont été ouverts, mais une petite moitié s'est vu empiler dans un coin, en attendant que le courage me prenne de monter l'étagère en pièces détachées que mes parents m'ont laissée. Je n'ai pas de marteau, donc je compte emprunter celui de la boutique, maintenant que nous avons terminé d'y monter les nouvelles étagères, mais il faudra que je m'occupe de l'assemblage et du remplissage le matin avant neuf heures, à une heure où je suis généralement occupé, sinon à dormir, du moins à gérer le quotidien de mon domicile.
Choses à faire demain matin très tôt, avant de venir au magasin vider les poubelles, ranger les livres et retrouver les produits égarés dans les profondeurs de la réserve (dont l'espace intérieur est de loin supérieur au volume extérieur, mais ne cesse de faire défaut): prendre une douche intégrale, longue et shampooinée, avec de l'eau chaude que j'aurai pris le temps de fabriquer en branchant mon ballon, deux heures avant la prise de douche; passer une heure entre la laverie, où je regarderai tourner mon linge, animé d'une volonté propre, baigner dans une dédoction purificatrice, à l'abri d'un hublot circulaire aux vertus hypnotiques, surtout tôt le matin, et mon studio, où je déploierai le séchoir en métal idoine, propice au desséchement du linge une fois propre, mais humide; traîner mes guêtres dans les allées du supermarché de proximité, y recomposer mes réserves alimentaires, fort déplétées par l'enchaînement des petits-déj', l'accueil prolongé de Vertige et le temps qui m'a fait, précisément, défaut, pour entretenir mon stock. Et c'est tout, je crois, pour demain matin.
La semaine a donc été pauvre en lectures. J'ai achevé Janua Vera, recueil passionnant, auquel je devrai ajouter la nouvelle contenue uniquement dans la version de poche, et Gagner la Guerre, du même Jean-Philippe Jaworski, que j'ai chez moi, parmi d'autres ouvrages, fort nombreux au demeurant, attendant d'être lus. J'ai profité de mon jour de repos pour lire le premier volume de Chroniques des Nouveaux Mondes, de Jean-Marc Ligny, et j'ai repris ma lecture d'Outlander, de Diana Gabaldon, dont j'espère pouvoir venir à bout prochainement (encore trois cents pages de romance cross-temporelle sur les hautes terres d'Ecosse).
Programme de la journée: tenir le coup, à grands renforts de café et de sandwiches que je n'ai pas eu le temps de préparer ce matin, et que je ne pourrai donc pas manger. Faire venir les clients, par la puissance de mes ondes télépathiques, et assurer par mon dynamisme, mon professionnalisme et mes verbiages, l'avenir financier de mon commerce. En soirée, tenir un tournoi magique pendant que je tenterai d'achever les rangements, dont je ne m'occupe pas pour le moment, parce qu'étant seul, je ne puis me réfugier dans les espaces liminaires du monde matériel, car ainsi procéder serait me dissimuler à la vue de mes contemporains, lesquels n'oseraient franchir le seuil du magasin ou, pire encore, le pourraient franchir à mon insu, déambuler librement dans les allées du lieu, acquérir sans me le dire les produits disposés sur les rayonnages, partir sans payer ou, pire encore, se sentir mal accueillis, mal servis, mal conseillés, alors même que je dispose de toutes les réponses aux questions qu'ils n'oseront pas me poser.
Programme des heures à venir: en attendant un bref passage de mon frère, entre deux trains, le temps de récupérer les clefs du domicile parental et me prodiguer quelques conseils salutaires, gérer le stock, les livraisons, les clients, lire quelques pages du roman entamé, me renseigner sur les nouveautés, présentes et à venir, du monde de l'édition, et caetera. Mes genoux me tirent, ma cheville me lance, mon estomac gargouille et la solitude me plonge dans des affres d'angoisse cosmique. A moins que ça ne soit la faim. Réponse après ingestion d'un morceau de pain rassis, tartiné de beurre rance, si je trouve une âme charitable pour m'aller quérir la bête. Le mois d'août en solitaire, ça n'est pas facile tous les jours.
Inscription à :
Articles (Atom)