Jeudi huit octobre deux mille neuf. Onze heures cinquante du matin. Il pleut. Ce matin, me rendant à pied sur mon lieu de travail, j'ai aperçu des tortues en gelée alimentaire, sucrée, gros amas de glucose chimiquement assemblés, occupées à se dissoudre sur le trottoir. Il y en avait plusieurs, différemment colorées, inégalement dissoutes, de ces teintes vives, artificielles comme une chanson de Richard Gotainer, que l'on trouve dans les paquets pas chers vendus par les boulangeries de mon enfance (et de la vôtre, aussi). Quand une tortue se dissout, elle ne mousse pas, mais se fond peu à peu à l'asphalte qui socle ses pas. Les tortues se montrent pour mourir.
Ce matin, donc, il pleut, et je me sens l'âme lyrique. J'écoute le Velvet Underground. Depuis une heure que j'ai ouvert ma boutique, personne n'en a franchi le seuil. Les clients sont timides. Ou alors, il pleut. Les livreurs sont sans doute ralentis par l'élément liquide. D'autant plus qu'il pleut averse, eh oui. Comme vache qui pisse des hallebardes, c'est vous dire. Mes chaussures en font floc. Ce sont des baskets chinoises, achetées là-bas en janvier dernier. Elles m'ont bien servi, elles ont fait leur temps, et attendent pour expirer que j'ai acquis leur successeurs, que je compte choisir lors de mon prochain voyage en Chine. C'est-à-dire, dans un peu moins de trois semaines.
Ce soir, mes parents seront sur Lyon. Ils m'apportent la dernière fournée d'affaires m'appartenant, laissées chez eux entre deux voyages à l'autre bout de la planète (la Chine, le Japon, voire, plus loin encore, Orléans, ou encore Lyon). Je n'ai pas encore eu le temps de balayer le sol, mais j'ai fait quelques rangements qui rendent les lieux plus présentables. Un peu. Ils vont tout de même gueuler.
Programme de la journée: ouvrir les douze cartons que trois livreurs viennent de m'apporter pendant que je m'occupais des quatre clients qui sont passés dans les dix minutes écoulées. La journée commence sur les chapeaux de roues. Et les parapluies de Cherbourg. Lire un peu entre les gouttes. "La Cité des Crânes" de Thomas Day, sans doute le meilleur de ses romans lus à ce jour.
jeudi 8 octobre 2009
dimanche 4 octobre 2009
Et Regardait Cahin-Caha
Dimanche quatre octobre deux mille neuf. Treize heures cinquante. J'entame ma quatre-vingt-septième heure de travail de la semaine, et je ne suis pas frais. Certaines journées ont duré plus de seize heures, avec une nouvelle sortie magique, un achat de portable pour remplacer celui qu'on nous a volé la semaine passée. Et beaucoup, beaucoup de gens. Qui sont sympa, qui achètent des marchandises et font de ma vie au quotidien un beau feuilleton, je ne m'ennuie pas, c'est le jour et la nuit rapport à mon ancien taff, mais il m'arrive de vouloir être seul, chez moi, à lire mes bouquins qui s'entassent plus vite que de raison, voire dormir, car j'en manque.
Hop. Première ellipse de ce message. Quatorze heures quarante-quatre. Le tournoi magique du jour est lancé. Le tournoi de figurines miniatures du monde de l'art de la guerre n'aura pas lieu, les joueurs de plateau s'en donnent à cœur joie. Déjà plusieurs passages. Le travail de la boutique n'est pas facilité par l'imprimante, qui a décidé, depuis avant-hier, de ne plus reconnaître l'ordinateur, ou l'inverse, bref impossible d'imprimer mes journées. Je garde ça dans un coin de l'ordinateur pour le moment. Dans l'intervalle, je vaux l'entrée.
La fatigue en devient psychotrope. Cette semaine, je n'ai eu le temps de rien faire. Sacrifier aux nécessités hygiéniques (douches régulières, brossage de dents deux fois par jour, nettoyage de mains dix fois par jour, non par névrose, mais parce qu'alterner maniement de cartons sales et manipulation de livres susceptibles de ne pas être achetables s'ils se voient maculer d'empreintes digitales, rend indispensable la fréquente aspersion des extrémités caudales de mes bras pesants, en fait je ne paranoïse pas sur la grippe, épidémie mortelle qui a déjà, je n'en doute pas, rasé des villes, désertifié des nations entières et répandu sur l'occident, tant réel que fantasmé, le spectre de la peste noire d'antan, en emporte le vent). Je n'ai pas la télé.
Le reste du temps, j'ai marché, une heure vingt par jour en moyenne, pour faire l'aller et le retour de mon domicile à la boutique, et vice-versa. Certains soirs, des bonnes volontés m'ont déposé au seuil de mon logis, grâce aux voitures qu'ils conduisaient, avec moi dedans. Un matin, Mirgwael m'est venu prendre en bas dudit logis, pour aller acquérir un nouvel ordinateur escamotable par la volonté du tout-puissant. J'ai donc marché, selon mes caculs, entre cinq et six heures, depuis lundi. Comme il fait chaud, trop chaud, je suis toujours en short et t-shirt, à toute heure du jour et de la nuit, j'ai lu. Un recueil de nouvelles de Michael Chabon, un recueil de nouvelles de Corrine Guitteaud ("La Vague") et un roman de Philippe Tessier dans l'univers du jeu Polaris.
Depuis vingt-quatre heures, je suis sur le tout nouveau roman de Terry Pratchett, "Unseen Academicals", qui se trouve être le trente-septième du Discworld, on y traite de balle-au-pied, les protagonistes sont surtout le personnel de l'université de magie d'Ankh-Morpork, et la principale référence extérieure semble être à Shakespeare (Romeo and Juliet, to boot). Histoire d'amour. La prose de Pratchett reste intacte, en bonne forme, de fait. La maladie ne semble pas l'avoir, pour le moment, trop diminué dans sa fabrication d'univers fictifs. Hourra. Je l'aurais déjà fini si je ne travaillais pas, le fait est que je bosse seize heures par jour, donc il m'en reste la moitié.
Le commerce fructifie. L'espace est restreint. D'ici un à deux ans, nous aurons sans doute quitté nos locaux actuels pour rechercher plus grand. Mais nous n'y sommes pas. Cela fait déjà sept mois que je travaille ici. Ca me plaît bien. Je vais continuer. Je dois faire ma lessive depuis le début de la semaine, et je n'ai toujours pas trouvé l'heure de rab qui me permettrait d'aller squatter la laverie, revenir chez moi, étendre le linge et repartir. Je comptais le faire ce matin, mais j'ai dormi un peu, lu un peu, fait des courses, pris une douche avec shampooing, et déjà le temps avait filé. J'en suis à porter, en guise de sous-vêtements, le maillot de bain qu'un ami a laissé chez moi il y a trois mois. Il est temps que je prenne une matinée pour aller laver mon linge de corps. Mardi, selon toute vraisemblance.
Hier après-midi, un client s'est fait voler son vélo garé devant la boutique. Le panneau de signalisation auquel il avait attaché sa monture peut être sorti du sol, ce qui rend inutile toute forme d'antivol. Je n'ai pas fait de vélo depuis deux semaines, non par envie, mais comme ça j'ai économisé six euros. Et gagné du temps de lecture, puisque je lis en marchant.
Programme de la journée: tenir le fort encore cinq heures, avant de lever le camp. A moins que je ne pète la forme ce soir, je ne resterai pas jouer, mais irai m'étendre dès que mon devoir aura été accompli. Lire. Je finirai l'ouvrage dans la nuit, il n'est pas bien épais. Dormir? Ca ne serait pas de trop. Si je tombe du lit, je ferai sans doute ma lessive demain matin, sinon j'attendrai mardi. Dernier délai. Je la ferai demain, en fait. La laverie ouvre à sept heures, il faudra bien que je prenne le temps. En ne dormant que cinq heures, comme toutes les nuits depuis deux semaines, ça devrait se pouvoir faire. Eviv Bulgroz.
Hop. Première ellipse de ce message. Quatorze heures quarante-quatre. Le tournoi magique du jour est lancé. Le tournoi de figurines miniatures du monde de l'art de la guerre n'aura pas lieu, les joueurs de plateau s'en donnent à cœur joie. Déjà plusieurs passages. Le travail de la boutique n'est pas facilité par l'imprimante, qui a décidé, depuis avant-hier, de ne plus reconnaître l'ordinateur, ou l'inverse, bref impossible d'imprimer mes journées. Je garde ça dans un coin de l'ordinateur pour le moment. Dans l'intervalle, je vaux l'entrée.
La fatigue en devient psychotrope. Cette semaine, je n'ai eu le temps de rien faire. Sacrifier aux nécessités hygiéniques (douches régulières, brossage de dents deux fois par jour, nettoyage de mains dix fois par jour, non par névrose, mais parce qu'alterner maniement de cartons sales et manipulation de livres susceptibles de ne pas être achetables s'ils se voient maculer d'empreintes digitales, rend indispensable la fréquente aspersion des extrémités caudales de mes bras pesants, en fait je ne paranoïse pas sur la grippe, épidémie mortelle qui a déjà, je n'en doute pas, rasé des villes, désertifié des nations entières et répandu sur l'occident, tant réel que fantasmé, le spectre de la peste noire d'antan, en emporte le vent). Je n'ai pas la télé.
Le reste du temps, j'ai marché, une heure vingt par jour en moyenne, pour faire l'aller et le retour de mon domicile à la boutique, et vice-versa. Certains soirs, des bonnes volontés m'ont déposé au seuil de mon logis, grâce aux voitures qu'ils conduisaient, avec moi dedans. Un matin, Mirgwael m'est venu prendre en bas dudit logis, pour aller acquérir un nouvel ordinateur escamotable par la volonté du tout-puissant. J'ai donc marché, selon mes caculs, entre cinq et six heures, depuis lundi. Comme il fait chaud, trop chaud, je suis toujours en short et t-shirt, à toute heure du jour et de la nuit, j'ai lu. Un recueil de nouvelles de Michael Chabon, un recueil de nouvelles de Corrine Guitteaud ("La Vague") et un roman de Philippe Tessier dans l'univers du jeu Polaris.
Depuis vingt-quatre heures, je suis sur le tout nouveau roman de Terry Pratchett, "Unseen Academicals", qui se trouve être le trente-septième du Discworld, on y traite de balle-au-pied, les protagonistes sont surtout le personnel de l'université de magie d'Ankh-Morpork, et la principale référence extérieure semble être à Shakespeare (Romeo and Juliet, to boot). Histoire d'amour. La prose de Pratchett reste intacte, en bonne forme, de fait. La maladie ne semble pas l'avoir, pour le moment, trop diminué dans sa fabrication d'univers fictifs. Hourra. Je l'aurais déjà fini si je ne travaillais pas, le fait est que je bosse seize heures par jour, donc il m'en reste la moitié.
Le commerce fructifie. L'espace est restreint. D'ici un à deux ans, nous aurons sans doute quitté nos locaux actuels pour rechercher plus grand. Mais nous n'y sommes pas. Cela fait déjà sept mois que je travaille ici. Ca me plaît bien. Je vais continuer. Je dois faire ma lessive depuis le début de la semaine, et je n'ai toujours pas trouvé l'heure de rab qui me permettrait d'aller squatter la laverie, revenir chez moi, étendre le linge et repartir. Je comptais le faire ce matin, mais j'ai dormi un peu, lu un peu, fait des courses, pris une douche avec shampooing, et déjà le temps avait filé. J'en suis à porter, en guise de sous-vêtements, le maillot de bain qu'un ami a laissé chez moi il y a trois mois. Il est temps que je prenne une matinée pour aller laver mon linge de corps. Mardi, selon toute vraisemblance.
Hier après-midi, un client s'est fait voler son vélo garé devant la boutique. Le panneau de signalisation auquel il avait attaché sa monture peut être sorti du sol, ce qui rend inutile toute forme d'antivol. Je n'ai pas fait de vélo depuis deux semaines, non par envie, mais comme ça j'ai économisé six euros. Et gagné du temps de lecture, puisque je lis en marchant.
Programme de la journée: tenir le fort encore cinq heures, avant de lever le camp. A moins que je ne pète la forme ce soir, je ne resterai pas jouer, mais irai m'étendre dès que mon devoir aura été accompli. Lire. Je finirai l'ouvrage dans la nuit, il n'est pas bien épais. Dormir? Ca ne serait pas de trop. Si je tombe du lit, je ferai sans doute ma lessive demain matin, sinon j'attendrai mardi. Dernier délai. Je la ferai demain, en fait. La laverie ouvre à sept heures, il faudra bien que je prenne le temps. En ne dormant que cinq heures, comme toutes les nuits depuis deux semaines, ça devrait se pouvoir faire. Eviv Bulgroz.
mercredi 30 septembre 2009
L'œil était dans la Tombe
Mercredi trente septembre deux mille neuf. Midi quarante-cinq. Aujourd'hui, cinquième et dernier mercredi du mois, pas de tournoi de cartes pour jeunes à la boutique. Je m'en réjouis. La première livraison de la journée vient d'arriver. Deux gros colis lourds, avec sans doute dedans, des dés, des livres, du métal, du plastique et des heures de travail en perspective. Je m'en réjouis d'avance.
Ici, au magasin, la place commence à manquer. Après un week-end occupé à Paris, où j'ai vu des gens, mangé des choses et côtoyé des êtres anonymes, joué à Qin et dormi chez mes parents, sur le plancher de Ramethep et un peu dans le train, je suis de retour. Mon frère a tenu seul, vaillamment et au milieu des joueurs de Magic, la boutique. Du coup, il est fatigué, conséquemment, il dort, et fatalement, je me retrouve seul, pour faire face aux familles du mercredi chômé (pas d'école), aux passants, aux livreurs et aux habitués. Hop.
Le second livreur de la matinée vient de passer, avec des nouveautés en matière de librairie, dont une partie pour après-demain. Les nouveautés Actu-SF de juillet ne nous ont toujours pas été livrées; ça fait plaisir de travailler avec des professionnels (je ne parle pas d'Actu-SF, qui fait du bon boulot, mais de leur distributeur, qui hmm). Je ne vais donc pas tarder à réveiller le frère. Il me rejoindra, je m'enfoncerai sous terre, un de mes tentacules me rapportera un sandwich, ou un fruit, ou un paquet de chips. Je mangerai demain.
Je suis en train de lire "Slaughterhouse-Five", premier roman de Kurt Vonnegut (ou un des premiers), un roman sur la guerre, formidable, comme tout ce qu'a écrit le monsieur. Feu le monsieur. Hier, je me suis enfilé un recueil de nouvelles de Michael Chabon, "A Model World". C'était bien. Ce week-end, pendant mon passage à Paris, j'ai acheté plein de livres, dont "The Coming", un très bon roman de Joe Haldeman, qui ne fait d'ailleurs que des bons bouquins. Et j'ai commencé un Michael Connelly. Et d'autres choses. Je ne sais plus trop. J'en reparlerai quand j'aurai du temps.
Ici, au magasin, la place commence à manquer. Après un week-end occupé à Paris, où j'ai vu des gens, mangé des choses et côtoyé des êtres anonymes, joué à Qin et dormi chez mes parents, sur le plancher de Ramethep et un peu dans le train, je suis de retour. Mon frère a tenu seul, vaillamment et au milieu des joueurs de Magic, la boutique. Du coup, il est fatigué, conséquemment, il dort, et fatalement, je me retrouve seul, pour faire face aux familles du mercredi chômé (pas d'école), aux passants, aux livreurs et aux habitués. Hop.
Le second livreur de la matinée vient de passer, avec des nouveautés en matière de librairie, dont une partie pour après-demain. Les nouveautés Actu-SF de juillet ne nous ont toujours pas été livrées; ça fait plaisir de travailler avec des professionnels (je ne parle pas d'Actu-SF, qui fait du bon boulot, mais de leur distributeur, qui hmm). Je ne vais donc pas tarder à réveiller le frère. Il me rejoindra, je m'enfoncerai sous terre, un de mes tentacules me rapportera un sandwich, ou un fruit, ou un paquet de chips. Je mangerai demain.
Je suis en train de lire "Slaughterhouse-Five", premier roman de Kurt Vonnegut (ou un des premiers), un roman sur la guerre, formidable, comme tout ce qu'a écrit le monsieur. Feu le monsieur. Hier, je me suis enfilé un recueil de nouvelles de Michael Chabon, "A Model World". C'était bien. Ce week-end, pendant mon passage à Paris, j'ai acheté plein de livres, dont "The Coming", un très bon roman de Joe Haldeman, qui ne fait d'ailleurs que des bons bouquins. Et j'ai commencé un Michael Connelly. Et d'autres choses. Je ne sais plus trop. J'en reparlerai quand j'aurai du temps.
lundi 21 septembre 2009
La Civilisation de l'Erreur
Lundi vingt-et-un septembre deux mille neuf. Quinze heures quarante-sept. L'automne débute officiellement aujourd'hui, mais la chaleur persiste, tout du moins sur Lyon. Je conserve pour le moment ma tenue d'été, short et T-shirt, tant au boulot que dans mes déambulations en route vers, et de retour du. Le réchauffement climatique se fait sentir. J'ai parfois froid la nuit, nu sous un simple drap, mais je refuse de m'enrhumer. Presque deux ans sans voir de médecin, hormis pour la médecine du travail en Chine, et je m'en porte très bien.
Dix-neuf heures quarante-six. Petite ellipse due à l'affluence de clients. Depuis hier, je lis "L'Etoile flamboyante", de Nicolas Bouchard, un roman avec de bonnes choses et d'atroces coquilles à toutes les pages. Hier soir, je me suis lu le dernier numéro de la revue Bifrost, le cinquante-cinq, consacré à feu Roger Zelazny. Egalement en chantier, un roman de Patricia Briggs avec des loups-garous, le dernier Thomas Pynchon, "Inherent Vice", et un roman de Patricia McKillip, "Ombria in Shadow", dont le protagoniste, élégamment prénommé Ducon dans la VO, s'est vu rebaptiser Duncan dans la version française (on se demande pourquoi).
Samedi, je me suis lu "Generation A", dernier roman en date de Douglas Coupland. Du bon, du très bon. Hmm. Et je suis en train de finir "Tout est illusion", une étude sur Jim Steranko, l'illustrateur psychédélique avec des morceaux de super-héros dedans. J'ai commencé une collection de manuels de jeux de rôle, pour le moment un peu d'Earthdawn, du Mutants & Masterminds, et du Qin. Je compulse tout cela à l'occasion. Je manque de temps pour lire, alors je dors moins.
Programme de la soirée: tenir la boutique pendant le tournoi magique du jour. Lire un peu dans la foulée, si j'y parviens. Ce soir, peut-être, commencer un autre livre sur le chemin du retour. J'ai entamé avant-hier "The Sorrows of an American", de Siri Hustvedt, alias madame Paul Auster. Un roman sur la mémoire et le passage du temps, les relations entre les gens et tout ce genre de choses.
Hier, il a plu. Je me suis remis à boire du thé. Je bois aussi du café, tous les matins, depuis mon passage au Japon en juillet dernier. Dans cinq semaines, je repars en Chine. Ce week-end, je serai sur Paris. Vendredi soir, mes voisins du troisième ont pendu leur crémaillère, ils sont jeunes, stupides et bruyants. J'ai tenu le magasin hier, la journée fut bonne, pas un instant de libre. Je manque de temps pour lire, mais je me rattrape en dormant peu. J'ai sommeil. Les yeux me brûlent. Je me suis remis à boire du thé.
Dix-neuf heures quarante-six. Petite ellipse due à l'affluence de clients. Depuis hier, je lis "L'Etoile flamboyante", de Nicolas Bouchard, un roman avec de bonnes choses et d'atroces coquilles à toutes les pages. Hier soir, je me suis lu le dernier numéro de la revue Bifrost, le cinquante-cinq, consacré à feu Roger Zelazny. Egalement en chantier, un roman de Patricia Briggs avec des loups-garous, le dernier Thomas Pynchon, "Inherent Vice", et un roman de Patricia McKillip, "Ombria in Shadow", dont le protagoniste, élégamment prénommé Ducon dans la VO, s'est vu rebaptiser Duncan dans la version française (on se demande pourquoi).
Samedi, je me suis lu "Generation A", dernier roman en date de Douglas Coupland. Du bon, du très bon. Hmm. Et je suis en train de finir "Tout est illusion", une étude sur Jim Steranko, l'illustrateur psychédélique avec des morceaux de super-héros dedans. J'ai commencé une collection de manuels de jeux de rôle, pour le moment un peu d'Earthdawn, du Mutants & Masterminds, et du Qin. Je compulse tout cela à l'occasion. Je manque de temps pour lire, alors je dors moins.
Programme de la soirée: tenir la boutique pendant le tournoi magique du jour. Lire un peu dans la foulée, si j'y parviens. Ce soir, peut-être, commencer un autre livre sur le chemin du retour. J'ai entamé avant-hier "The Sorrows of an American", de Siri Hustvedt, alias madame Paul Auster. Un roman sur la mémoire et le passage du temps, les relations entre les gens et tout ce genre de choses.
Hier, il a plu. Je me suis remis à boire du thé. Je bois aussi du café, tous les matins, depuis mon passage au Japon en juillet dernier. Dans cinq semaines, je repars en Chine. Ce week-end, je serai sur Paris. Vendredi soir, mes voisins du troisième ont pendu leur crémaillère, ils sont jeunes, stupides et bruyants. J'ai tenu le magasin hier, la journée fut bonne, pas un instant de libre. Je manque de temps pour lire, mais je me rattrape en dormant peu. J'ai sommeil. Les yeux me brûlent. Je me suis remis à boire du thé.
dimanche 13 septembre 2009
Victimisation des Platanes
Dimanche treize septembre deux mille neuf. Midi vingt-six. Je suis passé subrepticement au boulot, bien que ça soit mon jour de congé, pour finir de gérer le stock avant que le magasin ne soit tenu, comme un dimanche par mois, par un de mes associés (et non par moi). J'ai, de fait, enchaîné treize jours de boulot consécutifs, rarement à moins de quinze heures par jour, et je suis, pour dire le moins, sur les rotules. Mon frère rentre ce soir d'une semaine passée en Ecosse, des vacances bien méritées, qui m'ont laissé seul maître à bord. A écoper comme j'ai pu, le navire n'a pas trop pris l'eau, mais il est temps que le capitaine redresse un tant soit peu le cap, nous ne dérivons pas encore, mais je maîtrise mal les eaux dans lesquelles nous naviguons. A chacun son expertise.
La double semaine n'a été qu'un long séjour dans mon magasin, avec des clients, nombreux, les affaires marchent bien, des arrivages, abondants, des commandes à passer, des tournois à gérer, bref, je n'ai pas beaucoup dormi, et j'ai à peine eu le temps de lire deux ou trois livres. Je ne sais, à vrai dire, même plus lesquels. Ils sont empilés quelque part chez moi, et se reposent dans ma tête en attendant d'être sollicités. Depuis ce matin, je suis sur "Slam", de Nick Hornby, et "A Most Wanted Man", de John Le Carré. Histoire de ne pas lire que de la science-fiction ou de la fantasy.
Ca me revient. Je me suis lu, hier ou avant-hier, le dernier roman de Philip Roth, Indignation. Une histoire de jeune homme en colère, à l'université, dans les années cinquante, le spectre de la guerre de Corée menaçant sa paix d'esprit. Je n'ai pas eu le temps de jouer, comme je me l'étais promis, mais nos habitués s'en sont donné à cœur joie. J'ai dû passer du temps à ranger la salle de jeu, vider les poubelles, remettre de l'ordre dans le désordre, et remplir le frigo de boissons pour les passants. J'aime mon métier.
Que dire de plus? Les précieuses heures de sommeil que j'ai sacrifiées vendredi matin pour aller faire ma lessive trihebdomadaire se sont soldées par un constat de panne, in vivo, des machines de la laverie. Au lieu de rester quarante minutes dans la machine, à tourner tant et plus au rythme de la centrifugeuse, mon linge n'a mis que douze minutes avant de s'immobiliser, tout mouillé, propre mais tout mouillé, dans le téléviseur. J'ai opté pour un séchage maison, accompagné d'une flaque monumentale, derrière moi puis chez moi, avant de filer vers le boulot. Où je suis encore. Un dimanche midi.
De fait, je ne vais pas m'attarder davantage, je dois encore finir de mettre à jour le stock, après les arrivages de la semaine, et les ventes de ces derniers jours. Et partir. Dormir. Lire. Me promener. Appeler des gens et passer chez eux à l'improviste. Trouver quelque chose à manger ce soir. Pour le moment, je n'ai rien chez moi, le temps m'a manqué, cette semaine, pour aller faire les courses alimentaires que mon propre réfrigérateur réclame à grands cris depuis plusieurs jours. Heureusement je dispose, sur mon lieu de travail, d'une machine à café de haut vol. J'aime mon métier.
La double semaine n'a été qu'un long séjour dans mon magasin, avec des clients, nombreux, les affaires marchent bien, des arrivages, abondants, des commandes à passer, des tournois à gérer, bref, je n'ai pas beaucoup dormi, et j'ai à peine eu le temps de lire deux ou trois livres. Je ne sais, à vrai dire, même plus lesquels. Ils sont empilés quelque part chez moi, et se reposent dans ma tête en attendant d'être sollicités. Depuis ce matin, je suis sur "Slam", de Nick Hornby, et "A Most Wanted Man", de John Le Carré. Histoire de ne pas lire que de la science-fiction ou de la fantasy.
Ca me revient. Je me suis lu, hier ou avant-hier, le dernier roman de Philip Roth, Indignation. Une histoire de jeune homme en colère, à l'université, dans les années cinquante, le spectre de la guerre de Corée menaçant sa paix d'esprit. Je n'ai pas eu le temps de jouer, comme je me l'étais promis, mais nos habitués s'en sont donné à cœur joie. J'ai dû passer du temps à ranger la salle de jeu, vider les poubelles, remettre de l'ordre dans le désordre, et remplir le frigo de boissons pour les passants. J'aime mon métier.
Que dire de plus? Les précieuses heures de sommeil que j'ai sacrifiées vendredi matin pour aller faire ma lessive trihebdomadaire se sont soldées par un constat de panne, in vivo, des machines de la laverie. Au lieu de rester quarante minutes dans la machine, à tourner tant et plus au rythme de la centrifugeuse, mon linge n'a mis que douze minutes avant de s'immobiliser, tout mouillé, propre mais tout mouillé, dans le téléviseur. J'ai opté pour un séchage maison, accompagné d'une flaque monumentale, derrière moi puis chez moi, avant de filer vers le boulot. Où je suis encore. Un dimanche midi.
De fait, je ne vais pas m'attarder davantage, je dois encore finir de mettre à jour le stock, après les arrivages de la semaine, et les ventes de ces derniers jours. Et partir. Dormir. Lire. Me promener. Appeler des gens et passer chez eux à l'improviste. Trouver quelque chose à manger ce soir. Pour le moment, je n'ai rien chez moi, le temps m'a manqué, cette semaine, pour aller faire les courses alimentaires que mon propre réfrigérateur réclame à grands cris depuis plusieurs jours. Heureusement je dispose, sur mon lieu de travail, d'une machine à café de haut vol. J'aime mon métier.
jeudi 3 septembre 2009
Les Rhododendrons de la Mort
Jeudi trois septembre deux mille neuf. Minuit huit. Un peu plus de quinze heures depuis que je suis au boulot. Ce soir, à l'occasion d'une sortie magique, je fais des heures sup. Le tournoi magique du soir est terminé, les joueurs sont rentrés chez eux. L'opération mercantile est un flop. D'un autre côté, je viens à peine d'en finir avec les nouveautés de la journée, le recensement des produits sortis des colis, l'étiquetage des marchandises, le lent escamotage des livres encombrant la table des arrivées. Reste à les ranger. Je ferai ça demain.
Ce matin, j'étais présent sur les lieux vers huit heures cinquante. Un peu de comptabilité, et je me suis lancé dans la longue attente de la nouveauté, qu'un livreur capricieux n'acceptait de nous apporter qu'avant dix heures. J'ai pu lire un peu, tout en coordonnant l'orbite des principales orbes évoluant dans le Système Solaire (pff, trop facile). Depuis la nuit dernière, je me promène dans les pages légères de "Dead Until Dark", premier roman vampirique de Charlaine Harris. Une série est en cours d'adaptation, "True Blood", que j'ai aperçue chez mon frère il y a quelques mois. Une version française des romans vient de nous arriver, et le phénomène semble déferler dans les veines de mes contemporains, mais bon. Je ne refuse pas de lire un livre sous prétexte que c'est un best-seller, je n'ai plus quinze ans.
Hier, j'ai lu "Les Survivants de l'Humanité", un roman de science-fiction old-school dû à Jean-Marc Lofficier et sa femme Randy. L'essentiel date du début des années soixante-dix. Inspiration pulps, Jack Kirby, très fluide avec une structure linéaire sans surprise, mais le tout reste efficace. Je me suis converti à la collection Rivière Blanche, dont j'acquérrai progressivement tout le catalogue.
Il fait toujours trop chaud. J'ai sommeil. Je devrai marcher quarante minutes pour regagner mon domicile, car à cette heure tardive, pas moyen de garer de vélov' près de chez moi. J'ai les pieds mouillés, il a plu avant-hier, et je crains que mes chaussures ne soient pas étanches, finalement. Ou mal aérées. Je crains qu'à force d'y enserrer mes pieds en milieu humide, ils ne s'en couvrent de champignons. Il faudra que je songe à changer mes chaussettes, ça fera bientôt deux mois que je les ai aux pieds.
Avant-hier, je me suis lu "Zoe's Tale", dernier roman en date de John Scalzi, quatrième dans la série, redondant dans les événements racontés, mais exposant le point-de-vue d'une petite fille partie prenante du tout. Du space-opera en carton qui se laisse dévorer sans sourciller. Ce week-end, je me suis farci "Rien ne nous survivra - Le pire est avenir", dernier roman de Maïa Mazaurette. Du post-apo (comme les Lofficier), en fait pas vraiment, mais ça y ressemble. La révolte des jeunes a mis Paris à feu et à sang, les adultes ont fui la capitale française, dont le nord reste aux mains de l'armée tandis que les jeunes, retranchés dans le sud, mènent une croisade contre les vieux. Qu'ils tuent. Les héros sont deux snipers, un garçon et un point d'interrogation. Pas convaincu. Il y a un compte-à-rebours, des dialogues convenus, des personnages interchangeables. Une fin médiocre.
Programme de la soirée: très bientôt, quitter la boutique pour m'aller perdre dans les rues de Lyon. Il fait meilleur. Une fois de retour chez moi, jeter mes chaussettes. Lire un peu. Dormir. Tenter d'ouvrir les fenêtres, si le vent nocturne m'en laisse le loisir. Dans mon colimateur, Iain M. Banks, Jean Beauverger, la dernière nouvelle du "Janua Vera" de Jean-Philippe Jaworski. Demain matin, faire la grasse matinée, rejoindre la boutique quand je pourrai. Le soir, mon frère repartira en vacances, pour dix jours, en Ecosse. Dans sept semaines, je m'envolerai pour la Chine.
Ce matin, j'étais présent sur les lieux vers huit heures cinquante. Un peu de comptabilité, et je me suis lancé dans la longue attente de la nouveauté, qu'un livreur capricieux n'acceptait de nous apporter qu'avant dix heures. J'ai pu lire un peu, tout en coordonnant l'orbite des principales orbes évoluant dans le Système Solaire (pff, trop facile). Depuis la nuit dernière, je me promène dans les pages légères de "Dead Until Dark", premier roman vampirique de Charlaine Harris. Une série est en cours d'adaptation, "True Blood", que j'ai aperçue chez mon frère il y a quelques mois. Une version française des romans vient de nous arriver, et le phénomène semble déferler dans les veines de mes contemporains, mais bon. Je ne refuse pas de lire un livre sous prétexte que c'est un best-seller, je n'ai plus quinze ans.
Hier, j'ai lu "Les Survivants de l'Humanité", un roman de science-fiction old-school dû à Jean-Marc Lofficier et sa femme Randy. L'essentiel date du début des années soixante-dix. Inspiration pulps, Jack Kirby, très fluide avec une structure linéaire sans surprise, mais le tout reste efficace. Je me suis converti à la collection Rivière Blanche, dont j'acquérrai progressivement tout le catalogue.
Il fait toujours trop chaud. J'ai sommeil. Je devrai marcher quarante minutes pour regagner mon domicile, car à cette heure tardive, pas moyen de garer de vélov' près de chez moi. J'ai les pieds mouillés, il a plu avant-hier, et je crains que mes chaussures ne soient pas étanches, finalement. Ou mal aérées. Je crains qu'à force d'y enserrer mes pieds en milieu humide, ils ne s'en couvrent de champignons. Il faudra que je songe à changer mes chaussettes, ça fera bientôt deux mois que je les ai aux pieds.
Avant-hier, je me suis lu "Zoe's Tale", dernier roman en date de John Scalzi, quatrième dans la série, redondant dans les événements racontés, mais exposant le point-de-vue d'une petite fille partie prenante du tout. Du space-opera en carton qui se laisse dévorer sans sourciller. Ce week-end, je me suis farci "Rien ne nous survivra - Le pire est avenir", dernier roman de Maïa Mazaurette. Du post-apo (comme les Lofficier), en fait pas vraiment, mais ça y ressemble. La révolte des jeunes a mis Paris à feu et à sang, les adultes ont fui la capitale française, dont le nord reste aux mains de l'armée tandis que les jeunes, retranchés dans le sud, mènent une croisade contre les vieux. Qu'ils tuent. Les héros sont deux snipers, un garçon et un point d'interrogation. Pas convaincu. Il y a un compte-à-rebours, des dialogues convenus, des personnages interchangeables. Une fin médiocre.
Programme de la soirée: très bientôt, quitter la boutique pour m'aller perdre dans les rues de Lyon. Il fait meilleur. Une fois de retour chez moi, jeter mes chaussettes. Lire un peu. Dormir. Tenter d'ouvrir les fenêtres, si le vent nocturne m'en laisse le loisir. Dans mon colimateur, Iain M. Banks, Jean Beauverger, la dernière nouvelle du "Janua Vera" de Jean-Philippe Jaworski. Demain matin, faire la grasse matinée, rejoindre la boutique quand je pourrai. Le soir, mon frère repartira en vacances, pour dix jours, en Ecosse. Dans sept semaines, je m'envolerai pour la Chine.
mercredi 2 septembre 2009
Gorgonzola by Night
Mercredi deux septembre deux mille neuf. Quatorze heures quarante. L'été met un temps fou à mourir. Il a plu toute la nuit, mais en plein jour, l'eau s'évapore en quelques dizaines de minutes. Sauf dans mes chaussures, qui restent imbibées du jus d'hier soir. Avec mes pieds dedans, ça finira bien par sécher. Floc. Floc.
Mon frère est rentré de vacances, il y a quelque temps déjà. Il a râlé, avant de reprendre en main les choses que je n'avais pas été capable d'assurer pendant son absence. Je ne sais pas me servir d'Excell. J'avais plein de rangements à faire qui ne se sont pas faits tout seuls. J'avais un boulot monstre que quinze heures de travail quotidien n'ont pas suffi à abattre. Mais maintenant, tout va bien, le chef est dans la place, il râle moins, et je peux de nouveau me consacrer à construire des piles de cartons branlantes qui s'effondrent au moindre courant d'air.
La chaleur est moindre, depuis quelques jours, mais pas encore assez. Je maugrée en invoquant l'hiver. Dans trois semaines, je me plaindrai du froid. Le week-end dernier, j'ai passé un samedi en Picardie, pour le mariage d'une cousine, une demi-journée de part et d'autre en Ile-de-France, et mille kilomètres de route sous la houlette de ma belle-soeur. J'ai peu dormi.
Ellipse. Hop. Dix-sept heures cinquante-sept. Les nécessités du travail rendent difficile la rédaction de cette entrée. Je m'y recollerai un jour prochain.
Mon frère est rentré de vacances, il y a quelque temps déjà. Il a râlé, avant de reprendre en main les choses que je n'avais pas été capable d'assurer pendant son absence. Je ne sais pas me servir d'Excell. J'avais plein de rangements à faire qui ne se sont pas faits tout seuls. J'avais un boulot monstre que quinze heures de travail quotidien n'ont pas suffi à abattre. Mais maintenant, tout va bien, le chef est dans la place, il râle moins, et je peux de nouveau me consacrer à construire des piles de cartons branlantes qui s'effondrent au moindre courant d'air.
La chaleur est moindre, depuis quelques jours, mais pas encore assez. Je maugrée en invoquant l'hiver. Dans trois semaines, je me plaindrai du froid. Le week-end dernier, j'ai passé un samedi en Picardie, pour le mariage d'une cousine, une demi-journée de part et d'autre en Ile-de-France, et mille kilomètres de route sous la houlette de ma belle-soeur. J'ai peu dormi.
Ellipse. Hop. Dix-sept heures cinquante-sept. Les nécessités du travail rendent difficile la rédaction de cette entrée. Je m'y recollerai un jour prochain.
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