samedi 16 mai 2009
A la Poursuite des Voleurs d'Essuie-Tout
Samedi seize mai deux mille neuf. Vingt heures quatorze. Depuis une semaine, les rouleaux d'essuie-tout mis à disposition des clients de notre magasin disparaissent mystérieusement. Je mène l'enquête.
lundi 11 mai 2009
Vésiculaire Périgourdine
Lundi onze mai deux mille neuf. Vingt-et-une heures cinquante-deux. L'été s'installe, maudit soit-il. J'exècre la chaleur, mais c'est justement le moment qu'elle a choisi, comme chaque année au demeurant, pour revenir me nuire. Le mercure frôle les vingt degrés. J'agonise. Vivement l'hiver.
Je suis en train de boucler la journée comptable de la boutique. Le tournoi magique du lundi soir s'est terminé exceptionnellement tôt. J'écoute Neil Young à la radio. Il paraît qu'il mourra bientôt, mais c'est déjà ce que Bowie disait de lui il y a douze ans. Je demeure aussi sceptique qu'une fosse.
Ce matin, debout six heures, j'ai doublé un couple d'Allemands septuagénaires que mes parents hébergeaient pour le week-end, et me suis engouffré sous la douche avant même qu'ils ne mouftent. J'ai saisi des deux poings les lourds sacs de livres achetés la veille, ainsi que leur contenu. J'ai pris le train en gare de Lyon, avant de regagner la capitale des Gaules, juste à temps pour ouvrir mon commerce. Gloire à la société nationale des chemins de fer français.
J'avais passé le week-end sur Paris, quatre-vingts heures environ entre deux trains, durant lesquelles j'ai raté l'occasion de passer chez Ramethep, barbecuté de pizzas chez E.T. et son épouse, joué seize heures à Qin, jeu de rôle dont l'action se situe dans la Chine des Royaumes Combattants (troisième siècle avant Jean-Claude), une heure au scrabble avec ma mère, deux heures au tarot avec mon frère, ma belle-sœur et ma tante, mais pas au boggle, mangé des steaks d'autruche, acheté une vingtaine de livres, déjeuné d'un pho en compagnie d'une amie rencontrée jadis entre Vesoul et l'Ouzbekistan, dîné de vin et de fromage chez Edriwing, avec tout un aréopage d'amis.
J'ai pu dormir un peu. Je n'ai pas vu mon grand-père. J'ai caressé mon chat, qui va sur ses quinze ans, et souhaité un bon anniversaire à ma nièce, qui vient d'en avoir six. J'ai commencé Shaman's Crossing, premier roman de la quatrième trilogie de Robin Hobb, qui devrait, justement, sortir son prochain ouvrage cet été (ça s'appellera Dragon Keeper, me semble-t-il, et ça se passera peut-être dans le même univers que les trois premières trilogies, mais sans doute beaucoup plus tôt, ou alors à la suite de la troisième trilogie).
Programme de la soirée: mettre les bouts, rentrer chez moi, aérer, manger du cassoulet froid, lire Robin Hobb. Demain matin, dormir tard, faire ma lessive, quelques sandwiches. Venir bosser en début d'après-midi, ou le matin si je me réveille tôt, frais et dispos.
Je suis en train de boucler la journée comptable de la boutique. Le tournoi magique du lundi soir s'est terminé exceptionnellement tôt. J'écoute Neil Young à la radio. Il paraît qu'il mourra bientôt, mais c'est déjà ce que Bowie disait de lui il y a douze ans. Je demeure aussi sceptique qu'une fosse.
Ce matin, debout six heures, j'ai doublé un couple d'Allemands septuagénaires que mes parents hébergeaient pour le week-end, et me suis engouffré sous la douche avant même qu'ils ne mouftent. J'ai saisi des deux poings les lourds sacs de livres achetés la veille, ainsi que leur contenu. J'ai pris le train en gare de Lyon, avant de regagner la capitale des Gaules, juste à temps pour ouvrir mon commerce. Gloire à la société nationale des chemins de fer français.
J'avais passé le week-end sur Paris, quatre-vingts heures environ entre deux trains, durant lesquelles j'ai raté l'occasion de passer chez Ramethep, barbecuté de pizzas chez E.T. et son épouse, joué seize heures à Qin, jeu de rôle dont l'action se situe dans la Chine des Royaumes Combattants (troisième siècle avant Jean-Claude), une heure au scrabble avec ma mère, deux heures au tarot avec mon frère, ma belle-sœur et ma tante, mais pas au boggle, mangé des steaks d'autruche, acheté une vingtaine de livres, déjeuné d'un pho en compagnie d'une amie rencontrée jadis entre Vesoul et l'Ouzbekistan, dîné de vin et de fromage chez Edriwing, avec tout un aréopage d'amis.
J'ai pu dormir un peu. Je n'ai pas vu mon grand-père. J'ai caressé mon chat, qui va sur ses quinze ans, et souhaité un bon anniversaire à ma nièce, qui vient d'en avoir six. J'ai commencé Shaman's Crossing, premier roman de la quatrième trilogie de Robin Hobb, qui devrait, justement, sortir son prochain ouvrage cet été (ça s'appellera Dragon Keeper, me semble-t-il, et ça se passera peut-être dans le même univers que les trois premières trilogies, mais sans doute beaucoup plus tôt, ou alors à la suite de la troisième trilogie).
Programme de la soirée: mettre les bouts, rentrer chez moi, aérer, manger du cassoulet froid, lire Robin Hobb. Demain matin, dormir tard, faire ma lessive, quelques sandwiches. Venir bosser en début d'après-midi, ou le matin si je me réveille tôt, frais et dispos.
dimanche 3 mai 2009
Parcheminage des Rotatives
Dimanche trois mai deux mille neuf. Dix-huit heures six du matin. Je viens de franchir les quatre-vingts heures de travail depuis le début de la semaine, ou peu s'en faut. J'ai travaillé tous les jours, premier mai inclus. Mon frère a profité du long week-end pour se faire kidnapper par sa moitié, traîner à la campagne loin de son commerce bien-aimé. Je m'en suis chargé, avec les variations de rythme propres à ce genre d'activité, un week-end de trois jours durant lequel beaucoup de citadins ont profité du pont pour fuir à la campagne, ou ignorent tout simplement que nous sommes ouverts.
De temps à autre, un client égaré passe dans la boutique, achète une cannette de thé glacé, voire un roman, un paquet de cartes magiques, sinon un jeu de rôles. Un couple italien préfère que nous communiquions en anglais, ce qui me dérouille un peu la langue. Le reste du temps, je veille, seul sur le pont, attendant qu'un chaland pousse la porte de mon échoppe. Hier, samedi, nous avions du monde, submergeant par vagues mon cerveau saturé par l'absence de repos ces derniers jours. Je surnage comme je peux.
Depuis hier, et jusqu'à demain matin sans doute, Joe Gold est mon hôte, en visite depuis sa Suisse natale, avant de partir une semaine à New York. Je lui fais découvrir Lyon, ville qu'il arpente pour la première fois, et n'étaient mes horaires de travail étirables à merci, je l'accompagnerais dans ses randonnées urbaines. Le matelas d'appoint pour amis de passage a bien servi. Avis aux amateurs.
J'en suis au cinquième thé depuis ce matin, et j'enchaîne les mugs de stupéfiants gazeux, dont j'ai fait la découverte il y a quelques semaines, que nous vendons à la boutique, et dont je tends à abuser. Je tente aussi vaguement de m'absorber dans la lecture de John M. Ford, que je n'ai malheureusement pas encore pu achever, malgré mon désir d'en finir. The Princes of the Air.
Nous sommes dans un avenir imprécis, la Reine de l'humanité domine les quinze mondes connus, colonisés. Orden Obeck est un orphelin, qui s'est endetté pour faire des études, seul moyen d'échapper à sa condition. Avec deux amis, issus du même creuset mais ayant refusé tout compromis, il entreprend de se tailler une place au soleil, qui par la voie diplomatique, qui par le mercenariat. D'aventures en déconvenues, les trois jeunes gens prennent la pleine mesure de leur place dans l'univers.
Depuis bientôt trois mois que j'ai quitté la Chine, je n'ai guère rendu compte de mes lectures, et c'est dommage, car elles ont été nombreuses, et j'aurais beaucoup à en dire. Je le ferai sans doute un de ces jours. Hop, sous le tapis. Ménage rapide, succès garanti, lendemains qui chantent, s'abstenir.
Walter Jon Williams a publié un nouveau roman, il s'agit de This is not a Game, dans la lignée de la nouvelle trilogie de William Gibson, des romans cyberpunk dans l'esprit, sinon dans la forme: futur immédiat, avancées technologiques actuelles, société nullement différente de ce que nous connaissons, le monde réel comme toile de fond. Veille médiatique, enjeux internationaux. Ici, la bourse et les jeux vidéo. Chez Gibson, la publicité et les tendances en marketing urbain.
Egalement présent sur les rayons de toutes les bonnes librairies, Avaleur de Mondes, traduction française de Implied Spaces, le précédent roman du même Walter Jon Williams. J'ai peut-être omis de le préciser, mais WJW est un auteur que j'apprécie énormément. Ces deux romans sont très bien. J'ai aussi mis la main, après des années de recherche plus ou moins active, au juste prix, sur The Rift, également de Walter Jon Williams; je le lirai bientôt.
Je n'ai toujours pas d'accès internet chez moi, et je n'en aurai pas, pour économiser des bouts de chandelle et préserver un environnement dépourvu de toute exposition médiatique: ni télévision, ni radio, ni journaux. Aucune ouverture sur le monde extérieur, sinon par la musique et les livres. Je redécouvre par anticipation Nicolas Bouvier, et Jack Kerouac, le moment me semble bien choisi pour m'y replonger.
En juillet, j'irai passer quinze jours au Japon, après quatorze ans d'absence, pour le mariage de Piotr, avec d'autres amis, mais pas le Sultan, qui ne pourra pas faire le déplacement depuis la Chine. Un peu Tôkyô, un peu la campagne, quelques jours de trekking dans un parc naturel de Hokkaïdô, au programme. Et une reprise de contact avec l'idiome local, effroyablement rouillé, depuis des années que je n'y recours plus.
Les moustiques ont refait leur apparition dans mon environnement, et après en avoir pris trois au dépourvu, les tuant avant qu'ils ne me ponctionnent, le quatrième a prélevé son écot de sang, me laissant en échange un cocktail d'anti-cicatrisants et de démangeaisons.
Hier, je me suis coupé en faisant tomber des boîtes de cartes magiques, empilées selon une logique précaire dont je suis seul responsable. Je me suis entaillé le poignet. Je ne souffre pas, car je suis un homme, et j'ai longuement regardé Rocky quand j'étais petit. Je n'ai pas désinfecté la plaie, et je m'attends à ce que ma main pourrisse et se détache du reste de mon corps. Nécro-animée, elle ira se réfugier sous l'une ou l'autre de mes bibliothèques croulant sous le poids des livres là entassés.
Catherine Dufour, Le Goût de l'Immortalité, un roman que j'ai lu récemment. Des moustiques, des zombies, de l'amertume et un avenir sombre. Quelques maladresses, des partis-pris qui m'ont fait tiquer, des quiproquos qui me hérissent le poil, mais malgré tout, une intrigue bien menée, des thématiques agréables à démêler, un auteur tête-à-claques dans sa postface, mais si on supprimait le protagoniste principal, le roman serait bon. A suivre.
Thomas Day. Un auteur français là encore. Plusieurs courts romans lus ces derniers temps. La Voie du Sabre et L'Homme qui voulait tuer l'empereur, un diptyque situé dans un Japon alternatif, avec des dragons. Miyamoto Musashi, une encre rendant immortel au prix d'une déshumanisation (à la God-Emperor of Dune), une histoire de vengeance. Du pulp rondement mené. Du même auteur, This is not America, recueil de trois nouvelles uchroniques, et L'automate de Nuremberg, à mi-chemin de Frankenstein et autre chose (voilà qui est précis). Pour le moment, j'aime bien ce que fait cet auteur.
The Name of the Wind, de Patrick Rothfuss. Premier roman prometteur, de fantasy à rallonge, par un auteur que nous avons failli avoir en dédicace à la boutique, mais qui finalement n'y passera pas. Deux récits emboîtés l'un dans l'autre, autobiographie d'un dégonfleur de mythe.
Et beaucoup d'autres lectures, mais pour le moment, je n'entrerai pas dans les détails. J'ai dressé une liste quelque part. Ce soir, j'entamerai autre chose, je ne sais pas encore quoi. Les choix sont nombreux. Je dois m'efforcer de réduire mes achats en livres, mais je crains forts de n'y parvenir qu'au prix de mon humanité.
De temps à autre, un client égaré passe dans la boutique, achète une cannette de thé glacé, voire un roman, un paquet de cartes magiques, sinon un jeu de rôles. Un couple italien préfère que nous communiquions en anglais, ce qui me dérouille un peu la langue. Le reste du temps, je veille, seul sur le pont, attendant qu'un chaland pousse la porte de mon échoppe. Hier, samedi, nous avions du monde, submergeant par vagues mon cerveau saturé par l'absence de repos ces derniers jours. Je surnage comme je peux.
Depuis hier, et jusqu'à demain matin sans doute, Joe Gold est mon hôte, en visite depuis sa Suisse natale, avant de partir une semaine à New York. Je lui fais découvrir Lyon, ville qu'il arpente pour la première fois, et n'étaient mes horaires de travail étirables à merci, je l'accompagnerais dans ses randonnées urbaines. Le matelas d'appoint pour amis de passage a bien servi. Avis aux amateurs.
J'en suis au cinquième thé depuis ce matin, et j'enchaîne les mugs de stupéfiants gazeux, dont j'ai fait la découverte il y a quelques semaines, que nous vendons à la boutique, et dont je tends à abuser. Je tente aussi vaguement de m'absorber dans la lecture de John M. Ford, que je n'ai malheureusement pas encore pu achever, malgré mon désir d'en finir. The Princes of the Air.
Nous sommes dans un avenir imprécis, la Reine de l'humanité domine les quinze mondes connus, colonisés. Orden Obeck est un orphelin, qui s'est endetté pour faire des études, seul moyen d'échapper à sa condition. Avec deux amis, issus du même creuset mais ayant refusé tout compromis, il entreprend de se tailler une place au soleil, qui par la voie diplomatique, qui par le mercenariat. D'aventures en déconvenues, les trois jeunes gens prennent la pleine mesure de leur place dans l'univers.
Depuis bientôt trois mois que j'ai quitté la Chine, je n'ai guère rendu compte de mes lectures, et c'est dommage, car elles ont été nombreuses, et j'aurais beaucoup à en dire. Je le ferai sans doute un de ces jours. Hop, sous le tapis. Ménage rapide, succès garanti, lendemains qui chantent, s'abstenir.
Walter Jon Williams a publié un nouveau roman, il s'agit de This is not a Game, dans la lignée de la nouvelle trilogie de William Gibson, des romans cyberpunk dans l'esprit, sinon dans la forme: futur immédiat, avancées technologiques actuelles, société nullement différente de ce que nous connaissons, le monde réel comme toile de fond. Veille médiatique, enjeux internationaux. Ici, la bourse et les jeux vidéo. Chez Gibson, la publicité et les tendances en marketing urbain.
Egalement présent sur les rayons de toutes les bonnes librairies, Avaleur de Mondes, traduction française de Implied Spaces, le précédent roman du même Walter Jon Williams. J'ai peut-être omis de le préciser, mais WJW est un auteur que j'apprécie énormément. Ces deux romans sont très bien. J'ai aussi mis la main, après des années de recherche plus ou moins active, au juste prix, sur The Rift, également de Walter Jon Williams; je le lirai bientôt.
Je n'ai toujours pas d'accès internet chez moi, et je n'en aurai pas, pour économiser des bouts de chandelle et préserver un environnement dépourvu de toute exposition médiatique: ni télévision, ni radio, ni journaux. Aucune ouverture sur le monde extérieur, sinon par la musique et les livres. Je redécouvre par anticipation Nicolas Bouvier, et Jack Kerouac, le moment me semble bien choisi pour m'y replonger.
En juillet, j'irai passer quinze jours au Japon, après quatorze ans d'absence, pour le mariage de Piotr, avec d'autres amis, mais pas le Sultan, qui ne pourra pas faire le déplacement depuis la Chine. Un peu Tôkyô, un peu la campagne, quelques jours de trekking dans un parc naturel de Hokkaïdô, au programme. Et une reprise de contact avec l'idiome local, effroyablement rouillé, depuis des années que je n'y recours plus.
Les moustiques ont refait leur apparition dans mon environnement, et après en avoir pris trois au dépourvu, les tuant avant qu'ils ne me ponctionnent, le quatrième a prélevé son écot de sang, me laissant en échange un cocktail d'anti-cicatrisants et de démangeaisons.
Hier, je me suis coupé en faisant tomber des boîtes de cartes magiques, empilées selon une logique précaire dont je suis seul responsable. Je me suis entaillé le poignet. Je ne souffre pas, car je suis un homme, et j'ai longuement regardé Rocky quand j'étais petit. Je n'ai pas désinfecté la plaie, et je m'attends à ce que ma main pourrisse et se détache du reste de mon corps. Nécro-animée, elle ira se réfugier sous l'une ou l'autre de mes bibliothèques croulant sous le poids des livres là entassés.
Catherine Dufour, Le Goût de l'Immortalité, un roman que j'ai lu récemment. Des moustiques, des zombies, de l'amertume et un avenir sombre. Quelques maladresses, des partis-pris qui m'ont fait tiquer, des quiproquos qui me hérissent le poil, mais malgré tout, une intrigue bien menée, des thématiques agréables à démêler, un auteur tête-à-claques dans sa postface, mais si on supprimait le protagoniste principal, le roman serait bon. A suivre.
Thomas Day. Un auteur français là encore. Plusieurs courts romans lus ces derniers temps. La Voie du Sabre et L'Homme qui voulait tuer l'empereur, un diptyque situé dans un Japon alternatif, avec des dragons. Miyamoto Musashi, une encre rendant immortel au prix d'une déshumanisation (à la God-Emperor of Dune), une histoire de vengeance. Du pulp rondement mené. Du même auteur, This is not America, recueil de trois nouvelles uchroniques, et L'automate de Nuremberg, à mi-chemin de Frankenstein et autre chose (voilà qui est précis). Pour le moment, j'aime bien ce que fait cet auteur.
The Name of the Wind, de Patrick Rothfuss. Premier roman prometteur, de fantasy à rallonge, par un auteur que nous avons failli avoir en dédicace à la boutique, mais qui finalement n'y passera pas. Deux récits emboîtés l'un dans l'autre, autobiographie d'un dégonfleur de mythe.
Et beaucoup d'autres lectures, mais pour le moment, je n'entrerai pas dans les détails. J'ai dressé une liste quelque part. Ce soir, j'entamerai autre chose, je ne sais pas encore quoi. Les choix sont nombreux. Je dois m'efforcer de réduire mes achats en livres, mais je crains forts de n'y parvenir qu'au prix de mon humanité.
jeudi 30 avril 2009
Vivisection dans les Alpages
Jeudi trente avril deux mille neuf. Vingt-deux heures cinquante-huit du matin (heure chinoise sans conséquence sur le propos présent). Oui, je sais. Aucune mise à jour depuis un bon mois, je ne suis certes pas un exposant intime exemplaire. Il faut dire, pour ma défense et la gouverne de l'éventuel lecteur égaré en ces lieux, que je ne dispose toujours pas (et c'est parti pour durer; pourquoi? je l'exposerai plus bas, si j'y pense) d'une connexion internet à domicile, et que celle que je m'arroge le droit de squatter au boulot (en ce moment, par exemple) me sert surtout à bosser. Et que je bosse, mine de rien, somme toute, une quotité décente.
Hier, par exemple, j'ai passé seize heures consécutives sur mon lieu de travail, depuis neuf heures et demi du matin (j'étais venu plus tôt que d'habitude afin d'ouvrir une heure avant l'horaire habituel, en raison d'un livreur ne pouvant faire le déplacement plus tard), jusque vers une heure et demi du matin, heure à laquelle je suis reparti, à pied, sous la pluie, me farcir les quatre kilomètres me séparant de mon domicile. En chemin, j'ai croisé un grand noir musclé, coiffé d'un béret militaire, passablement éméché, plutôt bougon voire agressif, qui a tenu à me serrer la main, aurait pu me casser le pouce, qu'il a longuement conservé dans sa pogne, avant de finir par le relâcher. J'en suis sorti indemne, de cette rencontre, et pas plus traumatisé que ça. Je tiens à mes pouces.
Mon pouce droit, je me le suis coupé, hier matin, en faisant la vaisselle, dans mon évier, du couteau qui m'avait servi à étaler le camembert sur la tranche de saumon dont j'avais décidé d'orner mon second sandwich prévisionnel pour le midi étirable du même jour (en gros, je prends mon petit déjeuner vers neuf heures trente, je mangerai mon premier sandwich vers midi ou quatorze heures, selon l'affluence, le second vers dix-sept ou dix-huit heures, toujours selon l'affluence, et le troisième s'il y a lieu, en soirée, pour peu que je sois amené à rester au-delà de vingt heures, heure de fermeture, sur mon lieu de travail, par exemple si mon frère doit passer sa soirée en couple, bonne poire, célibataire et fatigué, je lui laisse le champ libre et je me farcis des journées pas possibles, ou alors, je garde le troisième sandwich, celui avec du jambon, pour le midi suivant, comme ça ça m'évite d'avoir à sortir le matin avant de prendre mon petit-déjeuner acheter du pain, d'ailleurs tiens, celui-ci je vais le garder pour demain soir, comme ça je n'aurai pas à chercher une boulangerie ouverte un premier mai). Cette coupure, heureusement peu profonde, m'ennuie tout de même un peu.
Les horaires de travail, au final, ne me dérangent pas plus que ça, au contraire, je suis même plutôt content d'avoir quelque chose à faire pour m'occuper. Ca me structure le réel, et me permet de mieux profiter du reste de mon temps, mon temps libre. Et puis, autant l'avouer, je fais un métier qui me plaît, me met en contact avec des personnes que j'apprécie souvent et dont je partage la passion, je fais des semaines de soixante ou quatre-vingts heures, mais j'en ressors moins fatigué qu'à l'époque, déjà lointaine et pourtant si proche encore (selon l'angle du vecteur d'épaississement subjectif), où j'enseignais huit heures par jour, en mon lycée d'Orléans, mais où je ne vivais pas forcément bien le reste de ma vie. Je dors bien, je mange mal mais de bon cœur, je lis autant que mon travail m'en laisse le temps, et n'étaient certains détails que j'oublie aussi vite, je nagerais au quotidien dans un bonheur total.
Depuis hier, je tente de lire The Princes of the Air, un roman de John M. Ford, le fabuleux auteur de The Dragon Waiting, Growing Up Weightless, Web of Angels, entre autres. Je viens aussi de me remettre au suédois, pour des raisons mal expliquées. Entre temps, ils est minuit une, j'ai encore vingt bonnes minutes de boulot, et quarante minutes de marche pour rejoindre ma demeure, aussi me permettrai-je de reprendre plus tard le fil de mes jours. Suite au prochain épisode.
Hier, par exemple, j'ai passé seize heures consécutives sur mon lieu de travail, depuis neuf heures et demi du matin (j'étais venu plus tôt que d'habitude afin d'ouvrir une heure avant l'horaire habituel, en raison d'un livreur ne pouvant faire le déplacement plus tard), jusque vers une heure et demi du matin, heure à laquelle je suis reparti, à pied, sous la pluie, me farcir les quatre kilomètres me séparant de mon domicile. En chemin, j'ai croisé un grand noir musclé, coiffé d'un béret militaire, passablement éméché, plutôt bougon voire agressif, qui a tenu à me serrer la main, aurait pu me casser le pouce, qu'il a longuement conservé dans sa pogne, avant de finir par le relâcher. J'en suis sorti indemne, de cette rencontre, et pas plus traumatisé que ça. Je tiens à mes pouces.
Mon pouce droit, je me le suis coupé, hier matin, en faisant la vaisselle, dans mon évier, du couteau qui m'avait servi à étaler le camembert sur la tranche de saumon dont j'avais décidé d'orner mon second sandwich prévisionnel pour le midi étirable du même jour (en gros, je prends mon petit déjeuner vers neuf heures trente, je mangerai mon premier sandwich vers midi ou quatorze heures, selon l'affluence, le second vers dix-sept ou dix-huit heures, toujours selon l'affluence, et le troisième s'il y a lieu, en soirée, pour peu que je sois amené à rester au-delà de vingt heures, heure de fermeture, sur mon lieu de travail, par exemple si mon frère doit passer sa soirée en couple, bonne poire, célibataire et fatigué, je lui laisse le champ libre et je me farcis des journées pas possibles, ou alors, je garde le troisième sandwich, celui avec du jambon, pour le midi suivant, comme ça ça m'évite d'avoir à sortir le matin avant de prendre mon petit-déjeuner acheter du pain, d'ailleurs tiens, celui-ci je vais le garder pour demain soir, comme ça je n'aurai pas à chercher une boulangerie ouverte un premier mai). Cette coupure, heureusement peu profonde, m'ennuie tout de même un peu.
Les horaires de travail, au final, ne me dérangent pas plus que ça, au contraire, je suis même plutôt content d'avoir quelque chose à faire pour m'occuper. Ca me structure le réel, et me permet de mieux profiter du reste de mon temps, mon temps libre. Et puis, autant l'avouer, je fais un métier qui me plaît, me met en contact avec des personnes que j'apprécie souvent et dont je partage la passion, je fais des semaines de soixante ou quatre-vingts heures, mais j'en ressors moins fatigué qu'à l'époque, déjà lointaine et pourtant si proche encore (selon l'angle du vecteur d'épaississement subjectif), où j'enseignais huit heures par jour, en mon lycée d'Orléans, mais où je ne vivais pas forcément bien le reste de ma vie. Je dors bien, je mange mal mais de bon cœur, je lis autant que mon travail m'en laisse le temps, et n'étaient certains détails que j'oublie aussi vite, je nagerais au quotidien dans un bonheur total.
Depuis hier, je tente de lire The Princes of the Air, un roman de John M. Ford, le fabuleux auteur de The Dragon Waiting, Growing Up Weightless, Web of Angels, entre autres. Je viens aussi de me remettre au suédois, pour des raisons mal expliquées. Entre temps, ils est minuit une, j'ai encore vingt bonnes minutes de boulot, et quarante minutes de marche pour rejoindre ma demeure, aussi me permettrai-je de reprendre plus tard le fil de mes jours. Suite au prochain épisode.
lundi 30 mars 2009
Retard sur Livraison
Lundi trente mars deux mille neuf. Onze heures trente-et-une du matin. Une heure de décalage horaire dans les gencives; je me rapproche d'autant de l'heure chinoise. Le temps m'a manqué récemment pour mettre à jour le fil des miens (et une connexion à domicile). Ma quatrième semaine lyonnaise s'achèvera dans deux ou trois jours. J'écris ces lignes du boulot, où je profite d'une panne d'oreiller fraternelle pour glisser ce billet dans les interstices consensuels.
Je me fais plutôt bien au changement de cadre. Je ne puis voir tous les jours mes amis parisiens, mais je compte remonter sur Paris une fois toutes les six semaines environ, donc je les verrai certainement plus souvent que durant mon exil chinois. Je ne suis qu'à deux heures de train. Il y a deux semaines, j'y suis d'ailleurs passé, manquant de peu un concert des pigeons en colère. Le trottoir était constellé de fientes.
Je m'aperçois, non dans le miroir, mais bel et bien que j'ai peu ou prou omis de mentionner ici mes lectures des deux derniers mois, et elles sont nombreuses (c'est sans doute une des raisons pour lesquelles je n'ai justement pas pris le temps d'en faire part, il y a tellement de titres que je ne les ai pas tous retenus, mais j'ai une liste quelque part que je me ferai une joie de reproduire à la prochaine occasion).
Travailler dans une librairie me procure un plaisir certain. Je me sens davantage taillé pour ça que pour l'enseignement. Je me rends compte d'à quel point je suis loin de pouvoir, actuellement, tout gérer (notamment du fait qu'outre l'aspect librairie, la boutique se veut aussi, et surtout, un point de vente spécialisé dans tout un tas de jeux, de cartes à collectionner, figurines, jeux de rôles et de plateau, domaines dans lesquels je suis loin d'avoir la science infuse). Ca tombe bien, puisque c'est encore mon frère qui fournit l'essentiel du boulot.
Je travaille beaucoup, en tout cas je suis souvent présent à la boutique, je dirais que ma semaine de travail dure soixante à soixante-dix heures, mais que les jours où je suis le plus actif, je ne vois pas le temps passer. Samedi, généralement le jour le plus dense de la semaine, j'étais tout seul (en fait, non, mais aux commandes du vaisseau, assisté par un associé plus expérimenté que moi dans la gestion du bidule) à tenir le magasin, et j'y suis resté plus de quatorze heures consécutives. J'en tire un plaisir certain.
Peu de temps, donc, pour ma vie personnelle. Ca tombe plutôt bien, je n'en ai pas vraiment. Mon studio est désormais entièrement meublé de ce que j'ai pu emporter avec moi lors de l'emménagement (trois ou quatre bibliothèques qui croulent à présent sous la moitié de mes livres que j'ai eu la place de prendre, une table qui accueille mes repas tout en soutenant ma chaîne hi-fi, une fausse armoire en bois fragile et tissu, deux ou trois chaises, et un matelas que je dresse à la verticale contre le mur, au matin, quand ma nuit a pris fin).
J'habite à quatre kilomètres de mon lieu de travail, ce qui me donne l'occasion de marcher quarante minutes le matin (en lisant), et de faire quinze minutes de vélo le soir, quand je quitte le boulot. Je me nourris le matin de céréales, le midi de sandwiches, le soir de boîtes de conserve que je ne prends pas la peine de réchauffer. Je ne mange pas assez de fruits, mais j'achète régulièrement des yaourts et des pains au chocolat. Mon alimentation n'est pas équilibrée, plutôt onéreuse et similaire à ce que je consommais il y a un an et demi, durant mon séjour orléanais.
Programme de la journée: tenir seul le fort, en attendant que le capitaine daigne descendre sur le pont. Depuis quarante-cinq minutes que j'ai ouvert la boutique, aucun client n'en a poussé la porte (en un sens, ça m'arrange, puisque j'ai pu m'épancher un peu ici). La faim commence à se faire ressentir, mais je tiendrai bon, ou tromperai la bête en engloutissant une barre chocolatée opportunément localisée à portée de mes doigts avides. La suite au prochain épisode, donc.
Je me fais plutôt bien au changement de cadre. Je ne puis voir tous les jours mes amis parisiens, mais je compte remonter sur Paris une fois toutes les six semaines environ, donc je les verrai certainement plus souvent que durant mon exil chinois. Je ne suis qu'à deux heures de train. Il y a deux semaines, j'y suis d'ailleurs passé, manquant de peu un concert des pigeons en colère. Le trottoir était constellé de fientes.
Je m'aperçois, non dans le miroir, mais bel et bien que j'ai peu ou prou omis de mentionner ici mes lectures des deux derniers mois, et elles sont nombreuses (c'est sans doute une des raisons pour lesquelles je n'ai justement pas pris le temps d'en faire part, il y a tellement de titres que je ne les ai pas tous retenus, mais j'ai une liste quelque part que je me ferai une joie de reproduire à la prochaine occasion).
Travailler dans une librairie me procure un plaisir certain. Je me sens davantage taillé pour ça que pour l'enseignement. Je me rends compte d'à quel point je suis loin de pouvoir, actuellement, tout gérer (notamment du fait qu'outre l'aspect librairie, la boutique se veut aussi, et surtout, un point de vente spécialisé dans tout un tas de jeux, de cartes à collectionner, figurines, jeux de rôles et de plateau, domaines dans lesquels je suis loin d'avoir la science infuse). Ca tombe bien, puisque c'est encore mon frère qui fournit l'essentiel du boulot.
Je travaille beaucoup, en tout cas je suis souvent présent à la boutique, je dirais que ma semaine de travail dure soixante à soixante-dix heures, mais que les jours où je suis le plus actif, je ne vois pas le temps passer. Samedi, généralement le jour le plus dense de la semaine, j'étais tout seul (en fait, non, mais aux commandes du vaisseau, assisté par un associé plus expérimenté que moi dans la gestion du bidule) à tenir le magasin, et j'y suis resté plus de quatorze heures consécutives. J'en tire un plaisir certain.
Peu de temps, donc, pour ma vie personnelle. Ca tombe plutôt bien, je n'en ai pas vraiment. Mon studio est désormais entièrement meublé de ce que j'ai pu emporter avec moi lors de l'emménagement (trois ou quatre bibliothèques qui croulent à présent sous la moitié de mes livres que j'ai eu la place de prendre, une table qui accueille mes repas tout en soutenant ma chaîne hi-fi, une fausse armoire en bois fragile et tissu, deux ou trois chaises, et un matelas que je dresse à la verticale contre le mur, au matin, quand ma nuit a pris fin).
J'habite à quatre kilomètres de mon lieu de travail, ce qui me donne l'occasion de marcher quarante minutes le matin (en lisant), et de faire quinze minutes de vélo le soir, quand je quitte le boulot. Je me nourris le matin de céréales, le midi de sandwiches, le soir de boîtes de conserve que je ne prends pas la peine de réchauffer. Je ne mange pas assez de fruits, mais j'achète régulièrement des yaourts et des pains au chocolat. Mon alimentation n'est pas équilibrée, plutôt onéreuse et similaire à ce que je consommais il y a un an et demi, durant mon séjour orléanais.
Programme de la journée: tenir seul le fort, en attendant que le capitaine daigne descendre sur le pont. Depuis quarante-cinq minutes que j'ai ouvert la boutique, aucun client n'en a poussé la porte (en un sens, ça m'arrange, puisque j'ai pu m'épancher un peu ici). La faim commence à se faire ressentir, mais je tiendrai bon, ou tromperai la bête en engloutissant une barre chocolatée opportunément localisée à portée de mes doigts avides. La suite au prochain épisode, donc.
samedi 14 mars 2009
Voyage au Cœur de l'Atome
Samedi quatorze mars deux mille neuf. Onze heures trente-sept du matin. Sans connexion depuis mon déménagement sur Lyon, je serai bref. Tout s'est bien passé, malgré un début de tendinite aux deux jambes (trop d'étages montés en soulevant de lourds cartons). Mon nouvel emploi correspond à mes attentes. Je suis encore en formation, mais j'ai le sentiment de m'imprégner peu à peu de l'esprit familier du lieu.
Travailler dans une librairie présente un risque certain: en une semaine de boulot, j'ai déjà acheté cinq ou six bouquins. Je m'efforce de les lire avant d'en acheter d'autres, mais ça n'est pas évident. Mon nouveau logement est plus grand que l'ancien et devrait, à terme, me permettre de stocker davantage de livres. Mon ballon d'eau chaude fonctionne mal. Ma belle-sœur m'a offert une théière.
J'ai récemment lu Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol. L'histoire de deux femmes, deux sœurs, qui évoluent, chacune dans des directions opposées, l'une plutôt vers le bas, l'autre plutôt vers le haut, tant socialement qu'en termes de développement personnel. Une bonne surprise, je m'attendais à un truc un peu nunuche, en définitive ça se laisse lire, et n'étaient mes cartons à déballer, je lui aurai fait un sort plus vite.
Actuellement en chantier, Seigneurs de l'Olympe, de l'Espagnol Javier Negrete. Péripéties à la cour des dieux grecs. Pas mal pour le moment. Egalement entamé, mais oublié à Lyon hier avant de prendre mon train pour Paris, où je passe le week-end, Hallali, de Jim Thompson, l'auteur de Population: 1280 (revisité par Jean-Bernard Pouy) et The Grifters (il y a un film avec John Cusack). Je m'aperçois que j'ai oublié de parler de mes lectures de février. Je ferai ça le mois prochain.
Programme de la journée, et de la suivante: voir un maximum de monde en un minimum de temps. Trier les affaires laissées chez mes parents. Jouer au boggle, lire des livres et voir des amis. Me promener dans les rues de Paris, me poser des questions sans y apporter de réponse concluante. Boire plus que de raison. Accroître mon déficit de sommeil. Dans quarante-huit heures, j'aurai repris le boulot. Dans l'intervalle, profiter du week-end.
Travailler dans une librairie présente un risque certain: en une semaine de boulot, j'ai déjà acheté cinq ou six bouquins. Je m'efforce de les lire avant d'en acheter d'autres, mais ça n'est pas évident. Mon nouveau logement est plus grand que l'ancien et devrait, à terme, me permettre de stocker davantage de livres. Mon ballon d'eau chaude fonctionne mal. Ma belle-sœur m'a offert une théière.
J'ai récemment lu Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol. L'histoire de deux femmes, deux sœurs, qui évoluent, chacune dans des directions opposées, l'une plutôt vers le bas, l'autre plutôt vers le haut, tant socialement qu'en termes de développement personnel. Une bonne surprise, je m'attendais à un truc un peu nunuche, en définitive ça se laisse lire, et n'étaient mes cartons à déballer, je lui aurai fait un sort plus vite.
Actuellement en chantier, Seigneurs de l'Olympe, de l'Espagnol Javier Negrete. Péripéties à la cour des dieux grecs. Pas mal pour le moment. Egalement entamé, mais oublié à Lyon hier avant de prendre mon train pour Paris, où je passe le week-end, Hallali, de Jim Thompson, l'auteur de Population: 1280 (revisité par Jean-Bernard Pouy) et The Grifters (il y a un film avec John Cusack). Je m'aperçois que j'ai oublié de parler de mes lectures de février. Je ferai ça le mois prochain.
Programme de la journée, et de la suivante: voir un maximum de monde en un minimum de temps. Trier les affaires laissées chez mes parents. Jouer au boggle, lire des livres et voir des amis. Me promener dans les rues de Paris, me poser des questions sans y apporter de réponse concluante. Boire plus que de raison. Accroître mon déficit de sommeil. Dans quarante-huit heures, j'aurai repris le boulot. Dans l'intervalle, profiter du week-end.
lundi 2 mars 2009
La Créature du Lagon Bleu
Lundi deux mars deux mille neuf. Dix heures vingt-huit du matin. Depuis deux ou trois jours, je suis dans les cartons. A peine rentré en France, je suis de nouveau sur le départ. Les derniers détails de mon retour de Chine seront connus plus tard, mais depuis trois semaines et quelque que j'ai regagné le plancher des vaches fromagères, l'étape suivante de mon voyage globale s'est mise en place. Je serai lyonnais.
A partir de la semaine prochaine, voire avant, je travaillerai dans la librairie de mon frère. D'ici là, je dois tout mettre en œuvre pour habiter dans les environs, y ayant au préalable transféré une partie de mes biens terrestres. Le problème actuel qui me taraude est de laisser derrière moi l'essentiel de mes livres. A vue de nez, je dois en avoir entre quatre et cinq mille dans ma chambre, et la vingtaine de cartons déjà bouclés ne m'a pas tout à fait permis de vider la première bibliothèque.
Je ne prends, pour le moment, que les livres que je n'ai pas lus, mais j'aimerais bien, à terme, habiter avec tous mes bouquins. Le studio où j'emménage fait dans les trente mètres carrés, soit deux fois plus que l'espace que j'occupe actuellement. Il devrait donc, en théorie, y avoir assez de place pour tout transbahuter. Hélas, le fiasco de mon déménagement d'Orléans, l'an passé, a conduit mon père, qui pilotera le véhicule de déménagement (je n'ai pas mon permis), à décider de ne louer qu'un utilitaire de volume insuffisant. Je m'arrangerai comme je pourrai, au fil des mois à venir, pour téléporter le reste de la cargaison.
Irruption de la vie réelle, présente, dans le fil des réminiscences. J'ai encore un pied mental en Chine, que déjà je quitte l'Ile-de-France natale pour une petite ville de province, certes plus grande qu'Orléans, mais tout de même moins étendue que Paris (elle-même toute petite, qu'on la compare à Londres, Shenzhen ou Pékin pour se faire une idée de l'échelle des choses, je ne fais pas dans le parisianisme, bien au contraire, j'aime bien les petites villes qui ont tout d'une grande, et c'est pour ça qu'aller vivre à Lyon me titille agréablement l'occiput, mais j'anticipe).
Retour aux cartons. Je déménage dans deux jours. Il me reste à remplir une petite dizaine de boîtes, après quoi je devrai m'atteler à descendre des bibliothèques sur deux ou trois étages d'escaliers en colimaçon. J'avais, il y a dix jours, une entorse du pied, qui semble guérie, mais sait-on jamais... Déplacer quelques dizaines de tonnes de livres et de meubles pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la suite de mon entraînement pour le marathon de Lyon.
A partir de la semaine prochaine, voire avant, je travaillerai dans la librairie de mon frère. D'ici là, je dois tout mettre en œuvre pour habiter dans les environs, y ayant au préalable transféré une partie de mes biens terrestres. Le problème actuel qui me taraude est de laisser derrière moi l'essentiel de mes livres. A vue de nez, je dois en avoir entre quatre et cinq mille dans ma chambre, et la vingtaine de cartons déjà bouclés ne m'a pas tout à fait permis de vider la première bibliothèque.
Je ne prends, pour le moment, que les livres que je n'ai pas lus, mais j'aimerais bien, à terme, habiter avec tous mes bouquins. Le studio où j'emménage fait dans les trente mètres carrés, soit deux fois plus que l'espace que j'occupe actuellement. Il devrait donc, en théorie, y avoir assez de place pour tout transbahuter. Hélas, le fiasco de mon déménagement d'Orléans, l'an passé, a conduit mon père, qui pilotera le véhicule de déménagement (je n'ai pas mon permis), à décider de ne louer qu'un utilitaire de volume insuffisant. Je m'arrangerai comme je pourrai, au fil des mois à venir, pour téléporter le reste de la cargaison.
Irruption de la vie réelle, présente, dans le fil des réminiscences. J'ai encore un pied mental en Chine, que déjà je quitte l'Ile-de-France natale pour une petite ville de province, certes plus grande qu'Orléans, mais tout de même moins étendue que Paris (elle-même toute petite, qu'on la compare à Londres, Shenzhen ou Pékin pour se faire une idée de l'échelle des choses, je ne fais pas dans le parisianisme, bien au contraire, j'aime bien les petites villes qui ont tout d'une grande, et c'est pour ça qu'aller vivre à Lyon me titille agréablement l'occiput, mais j'anticipe).
Retour aux cartons. Je déménage dans deux jours. Il me reste à remplir une petite dizaine de boîtes, après quoi je devrai m'atteler à descendre des bibliothèques sur deux ou trois étages d'escaliers en colimaçon. J'avais, il y a dix jours, une entorse du pied, qui semble guérie, mais sait-on jamais... Déplacer quelques dizaines de tonnes de livres et de meubles pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la suite de mon entraînement pour le marathon de Lyon.
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